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Italie: Geste historique des évêques catholiques italiens (180297)
Les évêques demandent pardon aux vaudois pour les persécutions du passé
Rome, 18février(APIC) Pour la première fois dans l’histoire, les évêques
catholiques italiens ont demandé officiellement pardon aux membres de
l’Eglise vaudoise du Piémont (protestants) pour «les souffrances et les
blessures» infligées durant des siècles à cette minorité évangélique.
Mgr Alberto Ablondi, évêque de Livourne (Toscane) et vice-président de
la Conférence épiscopale italienne, Mgr Giuseppe Chiaretti, archevêque de
Pérouse (Ombrie) et président du secrétariat de la Conférence épiscopale
pour l’oecuménisme et le dialogue, et Mgr Clemente Riva, évêque auxiliaire
de Rome, ont participé le 16 février au culte célébré dans le plus grand
temple vaudois de Rome, à un kilomètre du Vatican.
La date de la «réconciliation» n’a pas été choisie au hasard. Dimanche,
en fait, les vaudois célébraient la 149e «Fête de la liberté», pour commémorer la date du 17 février 1848, lorsque le roi Charles-Albert de Savoie
promulgua, dans le Piémont catholique, le statut qui, après des siècles de
discrimination, donnait aussi aux vaudois les droits civils et politiques.
Accueilli par Maria Bonafede, pasteur de la communauté, Mgr Chiaretti a
lu le message par lequel les évêques italiens se sont engagés à «amorcer
avec sérieux une réconciliation des mémoires … à assumer le poids de
l’histoire et à panser les blessures de la mémoire en reconnaissant cellesci et, quand cela est nécessaire, par le pardon demandé et accordé».
Le geste de la Conférence épiscopale, a ajouté Mgr Chiaretti, «est un
hommage à la liberté d’une Eglise opprimée durant longtemps», et un pas cohérent vers le deuxième Rassemblement oecuménique européen qui, a Graz, en
Autriche, du 23 au 29 juin 1997, s’interrogera justement sur le thème de la
«réconciliation».
L’aboutissement d’un dialogue
Le modérateur de la Table (organe exécutif de l’Eglise vaudoise), Gianni
Rostan, en remerciant Mgr Chiaretti, a précisé: «Nous sommes seulement au
début d’un chemin ardu et difficile. Mais Dieu sait ou il nous conduira».
Encouragé par le Concile Vatican II, le dialogue entre la Conférence
épiscopale et l’Eglise vaudoise existe depuis des années et il a donné des
résultats positifs, par exemple, sur la question des mariages mixtes. Mais
jusqu’alors, jamais les évêques italiens n’avaient fait un pas tel que celui accompli dimanche dernier.
De nombreux protestants évangéliques assistaient à cet événement, mais
aussi des catholiques, des juifs et des musulmans qui venaient de conclure,
à la Faculté vaudoise de théologie, une réunion de trois jours, sur «Le mur
et le pont – les religions entre intégrisme et vocation à la réconciliation», organisée par les publications oecuméniques «Confronti» de Rome,
«Quol de Novellara» (Emilie) et par le Centre Martin Buber – Juifs pour la
paix.
Un geste courageux
Dans le journal Riforma, publication des Eglises baptistes, méthodistes
et vaudoises italiennes, le théologien vaudois Paolo Ricca a trouvé «hautement symbolique» le moment choisi par les évêques italiens pour «leur geste
courageux: le culte du 17 février, par lequel les vaudois ont remercié Dieu
pour ne pas avoir permis à l’Eglise catholique et aux puissances à son service de les rayer de la face de la terre».
L’Eglise vaudoise a été fondée à Lyon, en France, vers 1170, lorsque un
riche marchand, un certain Valdo, a décidé de faire don de ses biens aux
pauvres et, malgré l’interdiction de l’évêque, a commencé à prêcher l’Evangile. Excommuniés et persécutés par les évêques et les papes, les partisans
de Valdo se sont réfugiés dans les vallées des Alpes, non loin de Turin. En
1532, ils ont adhéré officiellement à la Réforme, et pour cela ils ont encore été persécutés.
Aujourd’hui, on compte environ 30’000 vaudois en Italie, et 15’000 en
Uruguay et en Argentine. Tout en restant distincts des méthodistes italiens
(6’000 fidèles), en 1979, les vaudois se sont associés aux méthodistes, et
ensemble ils organisent le Synode, la plus haute instance des Eglises vaudoises-méthodistes.(apic/eni/pr)
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