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Rites sataniques: mise en garde de Mgr Scola (170297)
Il invite les pasteurs à un « jugement clair »
Rome, 17février(APIC) La multiplication des rites sataniques inquiète
l’Eglise catholique. Dans un long article publié lundi dans « L’Osservatore
Romano », Mgr Angelo Scola, recteur de l’Université du Latran, rappelle les
dangers de telles pratiques et leur incompatibilité avec la foi chrétienne.
Il demande surtout aux pasteurs de poser un « jugement clair » afin de mettre
les fidèles en garde.
La recrudescence du phénomène s’explique, selon Mgr Scola, par l’abandon
de la foi chrétienne et par « la déception vis-à-vis des promesses de la
raison »: « On n’arrive plus à se libérer d’une angoisse et d’une solitude
radicale devant le monde et le temps. Pour les dominer, on s’adresse à la
magie qui garantirait de la protection des pouvoirs occultes et on ne renonce pas à chercher une alliance avec les puissances du mal. » C’est ainsi
que prolifèrent les pratiques magiques. Même des fidèles chrétiens participent à des cultes sataniques ouvertement en contradiction avec la foi catholique, déplore Mgr Scola.
La réalité de Satan
Le prélat demande aux pasteurs un « jugement clair, rendu possible par
une annonce renouvelée de la victoire du Christ sur Satan, du péché sur la
mort ». Il leur propose d’insister d’abord sur l’originalité du culte chrétien qui « ne peut être réduit à un rite pur ou à une pratique de piété ». En
effet, « le sacrement du baptême, intrinséquement orienté sur celui de l’Eucharistie, agit chez le croyant comme une regénération surnaturelle et
l’introduit à une vie nouvelle dans le Christ ».
Il importe aussi de mettre en évidence « la réalité de Satan », car « on
peut parler avec sérieux, et sans exagérer, des rites sataniques: il s’agit
d’un arbre vénéneux qui grandit sur le terrain pollué de la magie ». Mgr
Scola décrit une double attitude de l’Eglise: si elle a « toujours réprouvé
une crédulité excessive en la matière, censurant avec force toute forme de
superstition, comme l’obsession de Satan et des démons, et les différents
rites et modes d’adhésions maléfiques à de tels esprits », l’Eglise a aussi
« toujours mis en garde contre une approche purement rationnelle de ces phénomènes qui finit toujours par les identifier à des déséquilibres mentaux ».
Cette « réalité de Satan » n’a pas toujours été de mise dans l’Eglise, observe Mgr Scola: « Il n’était pas rare, il y a vingt ans, de rencontrer des
discours théologiques qui niaient l’existence du diable et de ses oeuvres
réelles qui portent atteinte aux hommes. » D’où la mise au point de Paul VI
du 15 novembre 1972: « le mal n’est plus seulement une déficience mais une
efficience, un être vivant, spirituel, perverti et pervers ».
Ainsi, poursuit Mgr Scola, « bien que déjà vaincu, Satan ne cesse de mettre en difficulté les fils de Dieu parce que la victoire du Christ ne se
manifestera de façon incontestable qu’avec la Parousie ». La vie chrétienne
a donc « une dimension intrinsèque de lutte à laquelle personne ne peut
échapper… Le salut de l’homme ne peut être automatique, car il tient
compte de sa liberté ».
Une vision manichéenne
L’Eglise n’a jamais varié dans son jugement sur les rites sataniques:
« Ils entrent dans la catégorie de l’idolâtrie, parce qu’ils attribuent des
pouvoirs et un caractère divins à quelqu’un qui n’est pas Dieu et qui est
l’ennemi du genre humain. Ce sont des actes qui séparent radicalement de la
communion avec Dieu, parce qu’ils supposent une liberté choisie de l’homme
pour Satan et non pour l’unique Seigneur. »
D’autre part, ces rites induisent une vision manichéenne de la réalité:
« Ils attribuent à Satan ce qui n’appartient qu’à Dieu seul, posant au fondement deux principes du monde en lutte entre eux. Or, il n’y a rien de
plus étranger à la foi catholique qu’un tel manichéisme », note Mgr Scola.
Le prélat relève ici la « dégradation morale » qui accompagne ces rites,
puisqu’on se met à la disposition des oeuvres de destruction de Satan »,
sans parler des « sacrilèges, en particulier avec l’Eucharistie » prévus dans
le déroulement de ces rites. Sur un plan pastoral, de telles pratiques sont
« graves », même si, « le pardon est possible, à certaines conditions ».
Les formes « mystérieuses » de la possession du démon
Mgr Scola termine sa réflexion en méditant sur les conséquences possibles de telles pratiques sur leurs adeptes: « Plus une personne s’y adonne,
plus elle devient faible et sans défense. » Ceux qui adhérent à des sectes
sataniques risquent ainsi de « devenir plus facilement la proie de mauvais
sorts, de maléfices, de vexations diaboliques, de possessions démoniaques »,
car on ne peut exclure « une participation du geste maléfique au monde démoniaque et vice et versa ».
Il existe aussi, bien que d’une autre nature, « des actions extraordinaires de Satan contre l’homme permises par Dieu pour des raisons connues de
lui seul ». Mgr Scola cite « les perturbations physiques et externes », des
« infestations » locales sur des maisons, des objets ou des animaux, des « obsessions personnelles qui jettent la personne dans un état de dépression,
les vexations diaboliques qui correspondent à des désordres et à des maladies qui arrivent à faire perdre connaissance et à faire accomplir des actions et à prononcer des paroles de haines contre Dieu ou Jésus ». Il y a
enfin « la possession diabolique, qui est la situation la plus grave, parce
que, dans ce cas, le diable prend possession du corps d’un individu et le
met à son service sans que la personne ne puisse résister ».
Autant de formes « mystérieuses », conclut Mgr Scola, mais qui ne peuvent
pour autant être vus seulement comme des « cas pathologiques », hystériques
ou de dissociation mentale. L’expérience de l’Eglise montre la possibilité
réelle de ces phénomènes ». (apic/imed/pr)
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