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Zaïre: Kabila serait accueilli comme un libérateur à Kinshasa
Paris, 12février(APIC) A Kinshasa, comme dans tout le pays, le chef
rebelle zaïrois Laurent Désiré Kabila qui lutte actuellement dans l’est,
est perçu comme un libérateur, déclare dans une interview accordée à « La
Croix » Thierry Nlandu, responsable d’Amos, un groupe chrétien de formation
à la démocratie et à la non-violence. Pour lui, « Mobutu a encore une carte
à jouer »: nommer Etienne Tshisekedi Premier ministre.
« A Kinshasa, comme dans le pays, Kabila est perçu comme un libérateur,
comme un sauveur, affirme Th. Nlandu. C’est une réaction normale après
trente-deux ans d’une dictature qui a ruiné et pillé le Zaïre. Et puis, les
Zaïrois n’ont aucune envie de connaître une nouvelle rébellion qui pourrait
faire 500’000 morts, comme dans les années 1963-1964. Quand on nous parle
de contre-offensive, on sait ce que cela signifie: l’armée ne fait pas de
distinguo dans les villages et c’est la population qui paiera… »
Le responsable d’Amos n’ira pas applaudir Kabila s’il arrive à Kinshasa:
« Chaque fois qu’on a pris le pouvoir par les armes, on a eu besoin d’autres
armes pour le garder. Il est temps qu’on accède au pouvoir en Afrique dans
le cadre d’une alternative non violente ! »
Une « guerre juste »
Et la présence d’armées étrangères, notamment ougandaises et rwandaises,
aux côtés de Kabila ? « C’est de bonne guerre », répond Th. Nlandu: il y a
bien des mercenaires français du côté de Mobutu, lequel soutenait l’ancien
président rwandais Habyarimana et a accueilli au Zaïre les « génocidaires ».
Pour le nouveau pouvoir rwandais, il s’agit de faire la chasse précisément
à ces génocidaires et de les séparer des réfugiés. Mobutu a aussi permis
aux rebelles ougandais hostiles à Museveni de faire des incursions dans le
Haut-Zaïre. Les troupes ougandaises font donc la chasse à ces mêmes rebelles. Bref, pour le Rwanda, comme pour l’Ouganda, il s’agit d’une « guerre
juste ».
Une zone tampon
Une guerre qui, observe Nlandu, crée « une zone tampon qui va sécuriser
l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi au niveau de toutes leurs frontières ».
En même temps, c’est dans le Haut-Zaïre, le Kivu et le Shaba, déjà partiellement aux mains de Kabila, que sont les richesses minières du Zaïre. Et le
responsable d’Amos de se demander si Kabila descendra sur le Kasai, où il y
a les diamants. Il ajoute: « Les grandes puissances, les Etats-Unis en tête,
pourraient être tentées de faire durer cette zone rebelle: comme partout,
c’est l’exploitation des richesses qui les intéresse. Qu’importe, pour eux,
le reste du Zaïre ! »
Aux yeux de Nlandu, Mobutu a encore une carte à jouer: nommer Tshisekedi
Premier ministre. Ce dernier, qui a appelé à la négociation, pourrait négocier avec Kabila, qui lui a fixé le 21 février comme date-butoir. Mais il y
a aussi l’armée zaïroise. Son chef d’état-major, le général Mahélé, « est
très estimé au Zaïre tout en étant très proche des Français », observe Th.
Nlandu, et, s’il arrivait à remporter quelques victoires sur le terrain, il
serait peut-être lui aussi tenté de prendre le pouvoir pour négocier avec
Kabila. (apic/cip/cx/mp)
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