Lima, le 7 février (ENI) – Les vues divergentes de deux théologiens

Y a-t-il compatibilité entre la théologie de la libération et le féminisme?

catholiques romains très connus – l’un d’Amérique latine, et l’autre

d’Amérique du Nord – ont soulevé la question de la compatibilité entre le

féminisme et la théologie de la libération.

En effet, une certaine polémique a éclaté après les critiques formulées par

l’une des fondatrices de la théologie féministe, Rosemary Radford Ruether,

professeur au Séminaire de théologie de Garrett, Evanston, Illinois, après

une visite à Lima, au Pérou, ou elle a rencontré en octobre dernier les

dirigeantes de la Table Ronde oecuménique des femmes et du mouvement

catholique Talitha Cuma.

Ces critiques ont été publiées aux Etats-Unis dans le National Catholic

Reporter. Rosemary Radford Ruether déplore la distance qúétablit le prêtre

et théologien Gustavo Gutierrez, considéré comme le fondateur de la

théologie de la libération – entre les mouvements féministes et la

théologie de la libération.

Selon Rosemary Ruether, Gustavo Gutierrez affirme que le féminisme s’est

éloigné de la réalité latino-américaine et de la préoccupation fondamentale

pour les pauvres. Elle ajoute que Gustavo Gutierrez et les membres de

l’Institut catholique Bartolomé de Las Casas, de Lima «n’ont guère coopéré

avec les protestants du pays», en dépit du soutien apporté par les

protestants à la théologie de la libération.

Selon l’Agence de nouvelles d’Amérique latine et des Carai»bes (ALC),

Roesemary Ruether estime que Gustavo Gutierrez ne considère pas la

spiritualité dans une perspective autochtone. Elle trouve «très

surprenant», que celui-ci continue de parler des autochtones dans une

perspective catholique espagnole, ignorant le fait que les peuples

autochtones du Pérou ont aujourd’hui leur propre voix.

Selon elle, l’attitude de Gustavo Gutierrez s’explique par son désir de

garder la théologie de la libération dans le cadre du catholicisme

institutionnel, au lieu de s’aventurer dans de nouveaux domaines, comme le

féminisme, la sexualité, la reproduction, l’environnement, le

protestantisme, les religions autochtones, ce que n’apprécieraient pas les

conservateurs catholiques.

La théologienne a reconnu que Gustavo Gutierrez méritait d’être reconnu

comme le fondateur d’un mouvement qui a rattaché la théologie à la justice

sociale. Mais il est triste, déplore-t-elle, de le voir s’incliner devant

la domination «absolue» d’une Eglise de droite.

Selon Rosemary Ruether, l’avenir appartient à ceux qui sauront inclure les

questions qui concernent, entre autres, le rôle des femmes et des hommes,

l’écologie, l’oecuménisme et la spiritualité autochtone. (421 mots)

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