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Genève: 1’600 participants au 4e Forum «Amour et Vie» (030297)

L’unité et la paix au centre de la rencontre

Genève, 3février(APIC) Plus de 1’600 personnes – deux tiers de Français

et un tiers de Suisses ont participé samedi et dimanche à Genève au 4e Forum «Amour et Vie» organisé par la Communauté St-Jean. Le thème de la rencontre: «l’unité et la paix» a permis d’entendre diverses personnalités du

monde religieux, dont l’archevêque d’Alger Mgr Tessier, social et politique

français qui ont su donner à leur engagement un sens humain et chrétien.

Le cadre du Centre international de conférences de Genève (CICG), non

loin du siège des Nations Unies, rappelait que la paix se construit dans le

dialogue et le partage. Outre le temps des conférences, les participants

ont pris celui de la fête avec un concert du «Arc Gospel Choir of Harlem»,

formé d’anciens toxicomanes, samedi soir à l’église Notre-Dame, et celui de

la prière, le dimanche matin, pour la messe autour de Mgr Henri Tessier,

archevêque d’Alger.

Derrière les pupitres de la salle de conférences, l’ambiance était plus

studieuse et plus intellectuelle, nettement plus bon chic bon genre, que

franchement populaire. Ce qui n’a pas empéché les nombreux jeunes présents

de se laisser interpeller par le constat de la situation mondiale dressée

le samedi après-midi. Avec les témoignages successifs de Mgr Tessier, archevêque d’Alger, d’André Fontaine, ancien directeur du journal «Le Monde»

ou encore du général Jean-Philippe Douin, chef d’Etat-major des armées

françaises.

Face à un constat difficile, le père Marie-Dominique Philippe, fondateur

et prieur général de la Communauté St-Jean, ancien professeur de philosophie à l’Université de Fribourg, a tenu à apporter une réponse essentiellement spirituelle. Il a appelé les jeunes à rétablir l’unité nécessaire entre l’intelligence, l’amour et la lumière. A partir de la parole de Dieu à

Moïse: «J’ai vu la misère de mon peuple», le religieux a souligné le fondement de l’espérance chrétienne dans la victoire finale du Christ crucifié

et ressuscité. Le monde sur lequel s’accumulent aujourd’hui les nuages

noirs est un monde en travail. «Mais votre travail n’aura de sens que s’il

s’enracine dans la contemplation», insiste le Père Philippe.

L’amour incarné

Les exposés de l’après-midi ont permis de découvrir des aspects beaucoup

plus incarnés de cet amour universel. Yves Meaudre, directeur général de

l’Association des Enfants du Mékong, – ouvre qui parainne des enfants et

des familles dans le sud-est asiatique, a rapporté combien il avait découvert des trésors d’amour et de courage auprès des populations les plus

marquées par la guerre, la violence et la misère du Cambodge, du Laos ou du

Vietnam et une foi à soulever des montagnes.

Le Père Pierre Tritz est lui depuis plus de 40 ans au service de l’enfance des Philippines. Il s’est attaché essentiellement à permettre à des

dizaine de milliers d’enfants pauvres de suivre une scolarité complète,

dans le cadre de la fondation ERDA. Le tiers monde c’est aujourd’hui les

trois quarts du monde, a-t-il rappelé. Quelle paix et quelle unité sont-elles possibles si l’Occident l’oublie?

Dernier invité «prestigieux» de la rencontre, le «curé des loubards» Guy

Gilbert. A 62 ans, l’homme au blouson de cuir garde toute sa verve et toute

la verdeur de son langage, mais semble jeter sur le monde un regard plus

serein. Il insiste sur la construction de l’équilibre personnel, sur

l’amour de soi, sur la contemplation dans le silence. Le christianisme est

la religion de l’amour en actes. A l’époque où le paraître et l’avoir sont

si essentiels, il constate des manques d’amour terribles et pas seulement

chez les pauvres.

Avant de se lancer dans un plaidoyer pour l’Eglise que l’on connait bien

chez lui: «Si nous sommes incapables de nous écouter en Eglise de respecter

les différences, comment peut-on parler d’oecuménisme? (…) Il faut trouver d’urgence le moyen de refaire de la messe un acte communautaire vivant.» Il conclut en reprenant le mot de Mgr Guy Deroubaix, ancien évêque

de St-Denis: «Il ne faut pas que l’on dise de nous: ’voyez comme ils sont

bien organisés’, mais ’voyez comme ils s’aiment’». (apic/mp)

Encadré

La Congréation Saint Jean fête vient de fêter son vingtieme anniversaire.

Fondée par le Père dominicain Marie-Dominique Philippe, qui a enseigné durant près de 40 ans la philosophie àé l’Université de Fribourg, elle compte

aujourd’hui quelque 400 membres répartis sur tous les continents dans une

quarantaine dde couvents. Le Père Philippe, âgé aujurd’hui de 84 ans, en

est toujours le prieur général. Les Frères de Saint Jean, qu’on surnomme

aussi «petits gris» à case de l’habit gris clair qu’ils portent, mènent une

vie monastique de prière, de travail, d’étude et de prédication.

En Suisse, la paroisse St-François de Sâles de Genève leur a été confiée

par l’évêque du diocèse. (apic/mp)

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