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Afrique du Sud:Les policiers auteurs des attentats(020297)

contre les Eglises veulent bénéficier de l’amnistie

East London, 2février(APIC) Les policiers sud-africains membres des forces

de sécurité du régime de l’apartheid, auteurs en 1988 des attentats à la

bombe contre le siège du Conseil des Eglises d’Afrique du Sud (SACC) à Johannesburg et le secrétariat de la Conférence épiscopale d’Afrique australe

(SACBC) à Pretoria, veulent eux aussi bénéficier de l’amnistie.

La Commission de «Vérité et Réconciliation», qui enquête sur les crimes

commis sous le régime de l’apartheid, a confirmé que ces attentats ont bel

et bien été l’oeuvre d’agents du gouvernement sud-africain. Les milieux anti-apartheid ont d’ailleurs toujours suspecté la police sud-africaine (SAP)

d’être impliquée dans les attentats à la bombe contre «Khotso House», siège

du SACC et «Khanya House», siège du secrétariat de la SACBC.

Le gouvernement sud-africain voulait ainsi «punir» les Eglises de leur

attitude militante contre la politique raciste en vigueur en Afrique du Sud

et les «mouiller» dans des activités subversives et terroristes en dissimulant des armes dans leurs locaux.

Dumisa Ntsebeza, qui dirige la section d’enquête de la Commission «Vérité et Réconciliation» – Commission présidée par l’ancien archevêque anglican du Cap Desmond Tutu -, a mis jeudi un terme à toutes les spéculations

en annonçant que des membres de la SAP avaient demandé l’amnistie pour plusieurs de leurs actions, dont certaines étaient liées aux attentats contre

les sièges des Eglises.

L’octroi de l’amnistie à ceux qui ont commis des crimes pour soutenir le

régime de l’apartheid ou pour combattre ce même régime est devenue une

question fort controversée. Cette mesure d’amnistie vise à promouvoir la

réconciliation. Pour obtenir l’amnistie, ceux qui ont perpétré des actes de

violence doivent dire toute la vérité sur ce qu’ils ont fait et révéler les

noms de ceux, si c’est le cas, qui ont commandité ces crimes. Ceci devrait

impliquer des personnes occupant de hautes fonctions dans l’ancien gouvernement blanc d’Afrique du Sud.

Attentats, enlèvements, vols et assassinats sur commande

Environ 135 anciens membres de la SAP ont reconnu leur participation

dans 30 attentats, 20 enlèvements, 15 vols et cambriolages, et l’assassinat

de quelque 200 personnes, a précisé Dumisa Ntsebeza. La plupart d’entre eux

appartenaient à la Section de sécurité.

Des demandes d’amnistie ont aussi été présentées par les auteurs de

l’attentat perpétré contre le siège du Congrès des syndicats sud-africains

à Johannesburg (COSATU), la plus grande organisation syndicale du pays et

l’un des foyers de résistance à l’apartheid dans les années 80. «Nous avons

aussi reçu sept demandes concernant les menaces d’attentats et les attaques

contre des cinémas où le film Cry Freedom était projeté», a ajouté Dumisa

Ntsebeza. Le film retraçait l’histoire de Steve Biko, leader du mouvement

de la Conscience noire, assassiné en détention. Les policiers qui l’ont tué

viennent de demander l’amnistie il y a quelques jours.

Le secrétariat du SACC avait été en partie détruit par une explosion en

août 1988. A cette époque, la police avait laissé entendre que la destruction pouvait avoir été causée des explosifs entreposés là pour un usage

subversif, explication que le SACC avait rejetée. C’est en octobre 1988

qu’une autre explosion avait eu lieu à Pretoria, provoquant un incendie et

ravageant les locaux de la SACBC, mettant plusieurs personnalités religieuses en danger de mort.

L’on a découvert que de l’essence avait été répandue dans les locaux.

Par ailleurs, un porte-parole de la police avait «révélé» le jour suivant

qu’une employée du bâtiment avait trouvé deux mines-ventouses, deux grenades à main et cinq magasins de mitrailleuses AK-47 dans un placard de la

bibliothèque. Selon la Conférence épiscopale, ces armes avaient été déposées là par les incendiaires, en fait des membres de la police, qui sont

aujourd’hui démasqués. (apic/eni/be)

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