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Italie: Des théologiens désignés par le Vatican (130397)
«superviseront» les articles de «Famiglia Cristiana»
Un «autocontrôle responsable», pas la «censure»
Rome/Milan, 13mars(APIC) Une commission de théologiens approuvés par le
Vatican supervisera désormais les articles de «Famiglia Cristiana» et des
autres publications du groupe San Paolo, a annoncé devant le comité de rédaction Mgr Buoncristiani, nommé par Jean-Paul II le 28 février «délégué
pontifical» auprès de la Société de Saint-Paul, la famille religieuse qui
gère ce qui est devenu le quatrième groupe de presse italien avec 700 salariés.
Les Editions «Paoline», dont le siège est à Milan, publient notamment le
mensuel «Jesus» et «Famiglia Cristiana», deuxième hebdomadaire italien, qui
tire à 1’150’000 exemplaires. Mgr Antonio Buoncristiani, qui exerce désormais les fonctions qui appartiennent normalement au supérieur général, ainsi qu’au provincial d’Italie pour ce qui est des oeuvres apostoliques dans
la Péninsule, a décidé de mettre en place la nouvelle «structure».
Pour éviter des «dérapages»
L’évêque de la banlieue romaine se défend de porter atteinte à la liberté de la presse: ce qu’il propose est un «autocontrôle responsable, pas la
censure», car «celui qui entre dans un organe de l’Eglise doit savoir qu’il
ne travaille pas dans un milieu sans convictions». Ce qui est en jeu n’est
pas la liberté d’expression, mais la conscience qu’on est «au service de
l’évangélisation» et d’un «projet responsable de maturation chrétienne».
«Cela vaut aussi pour les journalistes», a indiqué Mgr Buoncristiani. A ses
yeux, une lecture préalable des articles qui touchent au domaine théologique et moral «peut être utile pour qu’il n’y ait pas de dérapages» qui
«fourvoient» et «scandalisent» les fidèles.
Les journalistes en front uni
Dans la lettre qu’il a fait parvenir au supérieur général de la Société
de St-Paul pour lui faire part de sa décision de nommer Mgr Buoncristiani
son délégué auprès de la Société de Saint-Paul, le pape faisait état des
difficultés récentes dues à une «situation délicate» à l’intérieur de la
famille religieuse qui en «trouble la communion et l’harmonie». Il relevait
dans les publications du groupe aussi «diverses interventions» qui ont suscité quelque «perplexité» au Vatican, en particulier dans le domaine moral.
Le cardinal Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la
Foi, était intervenu. Le cardinal Ruini, président de la Conférence épiscopale italienne, avait ensuite exigé – en vain – que certains articles de
«Famiglia Cristiana» soient suivis de «précisions» vaticanes et proposé la
constitution d’un «groupe d’experts en théologie» pour l’approbation préventive de certaines publications. S’il n’a pas été entendu par les responsables de l’hebdomadaire, le cardinal Ruini l’a donc finalement été par
le Vatican.
L’annonce de la nomination d’un délégué pontifical à la tête de la congrégation a suscité une forte émotion au sein des deux rédactions, mais aussi dans le monde ecclésial et médiatique italien, compte tenu du poids médiatique du groupe, mais surtout du caractère exceptionnel de l’intervention du pape.
Réunie le 5 mars, l’assemblée des rédacteurs de la société éditrice de
«Famiglia Cristiana» et de «Jesus» avait dit sa détermination à «préserver
l’honneur professionnel des journalistes». Elle avait surtout démontré que
ceux-ci formaient un front uni, la motion ayant été adoptée par 35 voix
contre 5 et 10 abstentions. L’assemblée avait en revanche rejeté une autre
motion (3 voix pour, 35 contre et 12 abstentions) affirmant que l’intervention du Vatican était accueillie avec «une grande sérénité», que «personne
ne se sent menacé dans son autonomie professionnelle» et que la nomination
de Mgr Buoncristiani est «indispensable à la restauration d’une harmonie
fortement compromise». (apic/imed/pr)
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