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Zaïre: Caritas Secours International dénonce (130397)
la situation alarmante des réfugiés à Kisangani et à Ubundu
Des morts par dizaine de milliers
Bruxelles, 13mars(APIC) Les rapports contradictoires en provenance de
l’est du Zaïre continuent d’affluer. Alors que Mgr Faustin Ngabu, archevêque de Goma, au Zaïre, s’est voulu rassurant mardi devant les évêques français, Caritas Secours international, organisation catholique basée à Bruxelles, fait état jeudi d’un témoignagne signalant 20’000 réfugiés morts
par balles ou noyés à Lubutu.
Le nombre de Zaïrois déplacés à Kisangani dans l’est du pays continue
d’augmenter. De 15’000 en janvier, ils sont aujourd’hui 41’500 à être accueillis dans les paroisses, annonce Caritas Secours International, sur la
base des dernières nouvelles reçues de son délégué à Kisangani.
Quelque 100’000 réfugiés sont déjà arrivés à Ubundu, à 100 km au sud de
Kisangani. Ils se sont installés à l’extrémité de la piste d’atterrissage,
ce qui n’est pas sans danger, vu que la piste est relativement courte. Les
réfugiés arrivent par vagues. Certains sont encore à une centaine de kilomètres de Lubutu, au sud de Kisangani. Ils sont trop épuisés pour avancer. « Beaucoup n’arriveront sans doute jamais ! », craint Caritas.
Fuite en avant des réfugiés: « Comme les Hébreux sortant d’Egypte »
Les chefs de file des réfugiés désirent quitter Ubundu au plus tôt et
traverser la forêt et les marécages vers l’ouest en direction d’Opala, de
peur d’être massacrés par les rebelles. Un aumônier a fait état, auprès de
Caritas, de 20’000 morts tués par balles ou noyés, lors du passage du pont
à Lubutu. Un récent rapport de l’Association zaïroise des droits de l’homme
cite également des témoignages qui parlent de charniers et de massacres
perpétrés par les rebelles sur les réfugiés et sur la population zaïroise
au Kivu.
Les dernières nouvelles sont alarmantes. Un délégué de Caritas a signalé, le 13 mars, que les réfugiés traversaient le fleuve à pied dans les rapides à la sortie d’Ubundu. « Une chaîne humaine comparable à la sortie
d’Egypte ! », selon l’organisation catholique, qui ajoute : « Cela peut vouloir dire que le camp d’Ubundu serait attaqué par les rebelles d’ici quelques heures: le même scénario qu’à Shabundu, Kalima et Tingi-Tingi ! »
« Dans ces circonstances, observent des responsables de Caritas Secours
International à Bruxelles, on comprend que, pour les réfugiés, ce soit la
fuite en avant. Mais combien de temps pourront-ils tenir ? Et qui pourra
venir en aide aux plus faibles qui seront certainement abandonnés au bord
de la route ? Hier, les réfugiés n’ont pas reçu l’autorisation de traverser
la rivière… Le pourront-ils demain ? »
Dans l’hypothèse où l’exode des réfugiés se poursuivrait vers Opala, les
organisations humanitaires à Kinshasa cherchent à établir une nouvelle base
d’opérations à Ikela, dans le diocèse de Bakungu. « Mais combien de réfugiés
arriveront jusque là ? », se demandent ces organisations.
En attendant des décisions politiques
Aussi Caritas Secours International continue-t-elle d’espérer les « nécessaires décisions politiques qui permettront l’organisation officielle
des secours ». En attendant, l’organisation catholique renforce son équipe
sur place et met tout en oeuvre pour amener des vivres à Kisangani, par
avion et par bateau. Caritas a entrepris d’acheminer à Ubundu 170 tonnes de
farine de maïs, 10 tonnes de biscuits, 10 tonnes de sel, de sucre et de savon. Elle espère que les vivres arriveront le plus rapidement possible à
Ubundu, comme ce fut le cas pour les 60 tonnes de maïs qui ont pu être
distribuées une semaine auparavant aux réfugiés arrivés sur place. Depuis
fin 1996, le réseau Caritas a acheminé plus de 600 tonnes de matériel
d’urgence et de vivres à Kisangani. (apic/cip/mp)
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