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Zaïre: Les rebelles de Kabila garantissent la sécurité des réfugiés

Confirmation de l’assassinat de huit prêtres et trois religieuses

Rome, 11mars(APIC) Les rebelles tutsis de Laurent Désiré Kabila ont garanti mardi au Haut Commissariat pour les réfugiés (HCR) qu’ils n’attaqueraient pas les quelque 75’000 réfugiés d’Ubundu, à une centaine de kilomètres de Kisangani, à l’Est du Zaïre. Les réfugiés qui proviennent pour la

plupart du camp de Tingi-Tingi se trouvent dans un état déplorable. Ils ont

un besoin urgent de nourriture et de médicaments, relève le HCR.

Les promesses des rebelles ne semblent cependant pas être totalement

crédibles après l’assassinat, le 25 février à Kalima, de huit prêtres et de

trois religieuses hutus rwandais. « L’Osservatore Romano » a publié vendredi

les noms de ces onze victimes. Un autre prêtre dont l’identité n’a pas été

révélée, aurait également été tué.

Ces nouvelles victimes, dont la mort avait été annoncée comme probable

par Radio Vatican mercredi dernier, sont les abbés Antoine Hatagekimana,

Emmanuel Munyakazi, Jean Uwizeyimana, Norbert Mulino Ubona Mihigo, François-Xavier Muyoboke, Urbain Twagirayezu, Etienne Kabera, Augustin Nkuli

Kiyumukiza, et les Soeurs Marie-Francine Nyirarukundu, Félicité Mukamihigo

et Clotide Nyirabakungu. Les deux premières sont des franciscaines appartenant à la congrégation belge des Soeurs de St-François d’Assise (Brakel),

la troisième appartient à la congrégation rwandaise des Habizemaria.

Selon « L’Osservatore Romano », ces nouvelles victimes hutues ont été massacrées le 25 février à Kalima, deux jours après la prise de la ville par

les rebelles Banyamulenge tutsis. Les 25’000 réfugiés principalement des

hutus rwandais qui se trouvaient alors dans la localité se sont dispersés.

Les prêtres et les religieuses, qui avaient fui Bukavu, cherchaient depuis

longtemps à fuir le Zaïre, mais n’avaient pu le faire faute de moyens de

transports. Des bruits courent actuellement dans la région des Grands Lacs

pour dire que les rebelles de Kabila, malgré le chaos ambiant, disposent

d’un service de renseignement efficace et qu’ils ont établi des listes des

noms de réfugiés rwandais ayant une position sociale particulière.

Comme un tiers du clergé diocésain rwandais composé de plus de 350

membres, les huit prêtres assassinés avaient fui leur pays lors de la prise

du pouvoir par le Front patriotique rwandais à dominante tutsi. Parmi eux

certains ont été accusés d’avoir participé ou du moins de n’avoir rien

tenté pour empêcher le massacre de plus de 500’000 personnes en quelques

semaines au printemps 1994. Parmi les prêtres assassinés le 25 février,

deux étaient aumôniers dans l’ancienne armée rwandaise. Ce qui les

désignait comme coupables aux yeux du FPR qui soutient les rebelles

banyamulenge.

Ces nouvelles victimes viennent s’ajouter à la liste des quatre missionnaires assassinés depuis le début de cette année: Mgr de Jesus, évêque de

Jolo (Philippines), un prêtre, un frère et une religieuse. En 1996, 46 missionnaires catholiques ont été assassinés, dont 41 en Afrique.

Par ailleurs, Mgr Faustin Ngabu, évêque de Goma, de passage à Paris où

il a rencontré le Conseil permanent de l’épiscopat français, a demandé une

aide humanitaire accrue pour les populations de l’Est du Zaïre. En raison

des combats, les gens ne peuvent plus cultiver la terre. (apic/cip/or/cxmp)

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