Pape François: «La politique est la forme la plus haute de la charité»

«La politique est la forme la plus haute de la charité», a expliqué le pape François lors d’une rencontre avec les jeunes de Scholas Occurrentes, organisme de droit pontifical lancé par le pontife pour promouvoir la culture de la rencontre dans le cadre éducatif, le 20 mai 2021.

À l’occasion de cet événement, qui s’est déroulé au Palais Saint-Calixte de Rome, le pape François a pu entendre les témoignages de nombreux jeunes du monde entier investis dans les activités des Scholas Occurentes.

Parmi les quelques questions posées au pontife argentin, celle d’un jeune lui demandant comment la jeunesse pouvait aujourd’hui changer la politique et développer l’esprit de Fratelli tutti. Expliquant dans un premier temps ne pas avoir de recette magique, l’évêque de Rome a ensuite déclaré que l’amour était politique.

Pour le pape François, la guerre au contraire révèle l’échec de la politique, alors incapable de dialoguer pour éviter le conflit armé. En ce cas, la politique a perdu sa vocation d’unité, d’harmonie. Et d’insister : « la discussion est clé en politique, les parlements sont clés ». Ils doivent, selon lui, garder toujours à l’esprit que l’unité est supérieure au conflit.

Si la méfiance à l’égard du politique croît aujourd’hui, cela vient d’une confusion autour de sa nature. « On la confond avec une entreprise », a-t-il ainsi déploré, laissant entendre que la politique devait rester un service gratuit.

En guise de conclusion, le pape a rappelé que l’honorabilité des nations décline lorsqu’elles favorisent la fabrication et le commerce des armes. «C’est ainsi qu’on voit qu’une nation est moralement saine», a-t-il lâché, avant de confier sa peine en voyant des images de «prêtres bénir des armes».

L’importance de ne pas oublier ses origines

Durant cette même rencontre, le pontife a discuté — en visioconférence — avec des jeunes de nombre de pays, d’Australie à l’Argentine, en passant par l’Irak ou encore l’Espagne où des dizaines de personnes étaient rassemblées dans le stade de Levante, à Valence.

Là, Andrès, un jeune garçon de Scholas a présenté une «pelota de trapo» (ballon de foot en chiffons) au Souverain pontife, symbole de la jeunesse, de l’importance de jouer, d’être heureux. À une question du jeune espagnol concernant l’importance de garder à l’esprit ses origines, le pape a répondu : «Une personne qui oublie d’où elle vient est une personne qui ampute son histoire».

Comparant l’histoire à un capital que chacun possède, doit entretenir et auquel chacun donne un sens particulier, le pontife a invité à revenir à la «pelota de trapo», afin de se rappeler une époque dans laquelle le jeu, la gratuité du jeu, était bien meilleure que la satisfaction intérieure ou que la richesse et que la pauvreté.

Titre d’un film argentin des années 1950 auquel le natif de Buenos Aires a fait référence, la «pelota de trapo» est une « source de gratuité ». « Dans la vie comme dans le sport, si nous oublions la gratuité, nous perdons le match », a-t-il conclu. (cath.ch/imedia/mp)

Maurice Page

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