Belgique: Front contre la pédophilie (100397)
Louvain, 10mars(APIC) La découverte du corps de la petite marocaine tuée
il y a cinq ans par un pédophile récidiviste suite à des violences
sexuelles, a soulevé colère et indignation dans une population qui reste
marquée par l’affaire Dutrou. Suite à ces crimes qui ont été possibles en
parti à cause des carences de la justice belge, un colloque s’est tenu à
l’université catholique de Louvain en vue de dégager une éthique et une
vigilance quant au respect de la dignité des personnes. Les participants
réunis à l’initiative du Centre d’Ethique pour la Paix, se sont penchés sur
la question «jusqu’où pousser l’exigence éthique sans tomber dans le
fanatisme»?
Lors ce ce colloque, Didier Pollefeyt, membre du Centre d’Ethique pour
la Paix, souligne la nécessité d’une «éthique ouverte à l’autre» pour
éviter de tomber dans le fanatisme que peut provoquer un drame comme celui
de la petite marocaine. Il est essentiel à l’éthique «de se mettre
elle-même en question», et de «garder l’ouverture nécessaire pour trouver
les critères auxquels soumettre le comportement des personnes ou le
fonctionnement des systèmes», souligne Pollefeyt.
«La passion de l’autre»
Des discussions en groupe ont ensuite porté sur différents dossiers
concrets: les droits de l’homme et ceux des animaux; la législation contre
l’avortement, le fanatisme et le pacifisme dans la bible; les Béatitudes et
l’économie d’aujourd’hui; les lois contre toute forme de discrimination.
Pour conclure ce colloque, le professeur Burggraeve, président du Centre
d’Ethique pour la Paix, s’est demandé quels éléments de la foi chrétienne
pouvaient contester ou, au contraire, encourager un radicalisme éthique. A
ses yeux, «la base du radicalisme éthique du christianisme se trouve au
coeur même du message de Jésus: dans son annonce du Règne de Dieu». Cette
annonce, observe-t-il, est empreinte de «la passion pour l’autre»; elle est
sensible à la vulnérabilité de l’autre et à sa dignité inaliénable.
Pour Burggraeve, l’ouverture à l’autre risque de conduire à une éthique
de la pitié, avec le risque de négliger les causes personnelles,
collectives et structurelles de la souffrance. Le théologien plaide pour la
redécouverte du sens de l’eschatologie. (apic/cip/fd)
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