apic/Renault/Réactions des évêques/France/Belgique
Fermeture de l’usine Renault de Vilvorde, en Belgique (070397)
Déclaration des présidents des Conférences épiscopales française et belge
Quelle Europe pour demain… avec quelle politique sociale?
Paris/Bruxelles, 7mars(APIC) Quelle politique sociale pour l’Europe?
s’interrogent dans une déclaration commune les Conférences des évêques de
France et de Belgique, après la décision de la direction des usines Renault
(France) de fermer son usine de Vilvorde, en Belgique.
Dans un communiqué publié vendredi, les présidents des deux Conférences,
le cardinal Godfried Danneels pour la Belgique et Mgr Louis-Marie Billé
pour la France, s’inquiètent des conséquences pour les ouvriers touchés par
cette mesure et se déclarent surpris par sa soudaineté. Une décision qui a
surpris tout le monde. «A commencer par les principaux intéressés: les travailleurs de l’usine. Par son ampleur, elle frappe durement des hommes, des
femmes et une région d’Europe.
Que les travailleurs concernés habitent d’un côté ou de l’autre de la
frontière franco-belge, ce sont des Européens. Que nous habitions ici ou
là, nous ne pouvons pas nous désintéresser de ce qui leur arrive, écrivent
l’archevêque de Bruxelles et l’archevêque d’Aix-en-Provence. Pour eux, «on
ne peut supprimer les frontières pour l’économie ou la monnaie et les reconstruire quand il s’agit de partage ou de solidarité».
Le respect des personnes ne demande-t-il pas qu’on les informe de ce qui
touche leur avenir et qu’on les associe aux orientations qui les concernent? se demandent les deux présidents. «Qu’on garde le secret sur une décision pénible permet peut-être de préserver une image favorable, mais ce
secret n’a-t-il pas comme limite le droit de chacun à connaître le sort qui
leur sera réservé?
Les difficultés des fabricants d’automobiles d’Europe sont réelles, admettent les deux signataires. …»Dans ce secteur industriel, la rivalité
sans merci à laquelle se livrent de puissants groupes mondiaux obligent à
s’interroger sur le commerce international et l’insuffisance des garanties
données aux travailleurs». Faute de règlementations capables de l’humaniser, «on a l’impression que le jeu économique s’enivre en lui-même. Les
ouvriers et les employés en font les frais. Aujourd’hui ici, demain ailleurs».
Un groupe industriel de dimension international n’a pu trouver au plan
de l’Union Européenne une solution plus équitable pour son personnel que
celle que nous connaissons, déplorent-ils. «Que sera donc l’Europe de demain? Quelle politique sociale sera la sienne? Voulons-nous une Europe qui
témoigne d’un idéal de respect de la dignité de toute peronnes?». Et de
conclure par cet appel de l’Evangile: «Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le pour eux pareillement». (apic/com/pr)
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