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Zaïre: Le pape a reçu des évêques du Zaïre, en visite «ad limina» (030397)
Avec eux, Jean-Paul II dit non à la «balkanisation» du pays
Rome, 3mars(APIC) Le pape Jean Paul II a reçu lundi les évêques des régions de Bukavu, Kisangani et Lubumbashi, au Zaïre, en visite «ad limina».
Avec les évêques, le pape, qui espère que les élections auront lieu, dit un
non à la «balkanisation» du Zaïre.
S’adressant lundi aux évêques de ces régions, Jean-Paul II a plaidé pour
l’établissement d’un Etat de droit au Zaïre, disant son espoir que les
élections, prévues cette année, auront effectivement lieu. Le pape demande
que «l’intangibilité des frontières internationalement reconnues» soit respectée pour ce pays dont les évêques craignent une «balkanisation». Un démantèlement voulu, avait affirmé Mgr Faustin Ngabu, évêque de Goma, par
«certaines grandes puissances étrangères».
«Je souhaite que les élections prévues pour les prochains mois puissent
avoir lieu et qu’elles permettent à votre pays de mettre en place un véritable Etat de droit», a déclaré le pape. «Je sais le rôle courageux joué
par les catholiques dans le long processus de démocratisation que traverse
votre pays, ainsi que dans la recherche du dialogue pour une société meilleure. Par cet engagement, l’Eglise ne veut servir en aucune manière une
politique partisane».
Le pape a invité les catholiques du Zaïre à édifier une «société conviviale», fondée sur «la réconciliation entre tous». «Tout baptisé doit en
quelque sorte se sentir ministre de la réconciliation», a-t-il insisté.
Intangibilité des frontières
Le pape a aussi renouvelé «de façon pressante» son appel pour que cessent les combats dans l’Est du pays. Il faut, a-t-il affirmé, «s’engager
rapidement sur le chemin du dialogue et de la négociation dans le respect
des principes de l’intangibilité des frontières internationalement reconnues, de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de chaque Etat». Un
appel adressé à «la communauté internationale – y compris pour les Organisations régionales africaines -, qui doit accroître son action politique»,
et qui, outre la recherche de la paix, regarde la question «des nombreux
réfugiés rwandais qui demeurent au Zaïre dans des camps ou dispersés dans
la forêt, ainsi que de la multitude des déplacés zaïrois».
Enfin, Jean-Paul II «dénonce vigoureusement les attaques contre les personnes, ainsi que les saccages et les destructions dont ont été victimes
les institutions et les biens de l’Eglise dans plusieurs diocèses, alors
que, dans de nombreux cas, c’étaient les seules structures sociales qui
fonctionnaient encore».
Le pape a évoqué le «témoignage héroïque de l’amour de Dieu» donné par
Mgr Christophe Munzihirwa, archevêque de Bukavu, et par «plusieurs prêtres
diocésains, des personnes consacrées, ainsi que des laïcs qui ont fait
l’offrande de leur vie pour sauver leurs frères». Avec les évêques, JeanPaul II note que «l’Eglise semble être particulièrement ciblée» dans la
violence actuelle, sur laquelle Mgr Ngabu s’exprime dans le discours adressé au pape: «Nous nous demandons s’il n’y a pas des forces occultes qui
veulent déstabiliser l’Eglise, la seule institution qui, visiblement, invite tout le monde au respect de la vie et de la dignité de toute personne
humaine, sans discrimination, ni exclusion aucune».
Abordant des questions plus internes à l’Eglise, le pape a demandé un
«discernement sérieux» des motivations des candidats au sacerdoce, accompagné d’une «formation spirituelle de qualité». A propos des communautés religieuses, importantes parce que «le monde a aujourd’hui besoin de leur témoignage prophétique», il a demandé aux évêques de veiller attentivement à
ce que leurs membres reçoivent une formation adéquate. (apic/imed/pr)
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