Malawi: l’Eglise catholique dénonce la corruption du gouvernement

L’Eglise catholique du Malawi, en Afrique australe, a dénoncé «l’incapacité» du gouvernement à tenir ses promesses, ainsi que sa «mauvaise gouvernance» et son «népotisme», dans une déclaration de la Commission justice et paix (CCJP) datée du 8 août 2021.

La déclaration, signée du coordinateur national de la CCJP, Boniface Chibwana, et publiée par le quotidien malawite Nyasa Times, déplore le fait que malgré les nombreuses critiques des différentes couches de la société, les nominations à des postes de responsabilité dans l’administration restent toujours marquées par le «clientélisme politique».

«La corruption continue de s’aggraver dans l’attribution des marchés publics, la recherche de rente dans le service public est florissante, les personnalités qui ont des affinités politiques bénéficient de privilèges», poursuit Boniface Chibwana. Il fustige «l’ingérence politique» dans les organismes de prestation de services de l’Etat, et les inégalités sociales qui continuent de se creuser».

La CCJP a appelé le gouvernement à soutenir, par des actions concrètes, les petites entreprises et le secteur informel, afin d’améliorer les conditions de vie socio-économiques de la population. La CCJP salue néanmoins, la nomination d’une nouvelle équipe à la tête du Bureau de lutte contre la corruption (ACB), estimant toutefois, qu’elle resterait inefficace si la politisation des marchés publics et l’ingérence politique dans les organismes de prestation de services publics se poursuivaient.

Pour l’Eglise catholique, le gouvernement a déçu dans son engagement avec l’agenda collectif qui vise à relever le niveau du bien-être socio-économique des Malawiens, et à améliorer la qualité de la gouvernance auxquels les citoyens avaient adhéré, lors de la présidentielle de l’année dernière.

La lutte contre la corruption est l’un des défis majeurs du Malawi. Le pays se situe à la 28e place sur 54 pays dans le dernier classement 2021 de l’indice sur la perception de la corruption en Afrique, publié par Transparancy international.

Le Président Lazarus Chakwera qui a été élu en juin 2020, a fait de cette lutte une priorité. Dès son arrivée au pouvoir, il a dissous les conseils d’administration de plus de 60 des 100 institutions et entreprises publiques du pays, les suspectant de mauvaise gestion ou de corruption.

Il a également suspendu des contrats publics pour «vérifier» s’ils n’étaient liés à la corruption ou s’ils étaient signés conformément aux normes. (cath.ch/ibc/bh)

Ibrahima Cisse

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