La proportion des catholiques diminue en Suisse

Selon l’Institut de sociologie pastorale de Saint-Gall (SPI) publié le 10 novembre 2021, le nombre des catholiques devrait rester assez stable au cours des dix prochaines années. La diminution attendue de la proportion des catholiques dans la population pourrait cependant affaiblir encore le soutien dont jouit l’Église au sein de la collectivité.

L’Église catholique romaine a connu ces dernières années des remous dont il est encore difficile de chiffrer l’impact avec précision, note le rapport du SPI. Les dernières statistiques montrent que le taux des baptêmes diminue et que le nombre des sorties d’Église augmente. Jusqu’à maintenant, cet effet avait été atténué par l’immigration en Suisse de fidèles catholiques venus d’autres pays. A terme, l’Église catholique en Suisse court le risque d’un vieillissement moyen de ses membres plus rapide que celui de l’ensemble de la population.

Si le nombre absolu des catholiques est demeuré stable, leur pourcentage au sein de la population globale  est en constante diminution. Selon le SPI, cette baisse risque d’affaiblir l’influence de l’Église au sein de la société helvétique. Ce qui pose de nombreuses dont celles du choix des pastorales à prioriser au vu d’une diminution probable des moyens financiers ou encore du développement du personnel laïc. Il en va aussi du maintien ou non des bâtiments ecclésiaux.

Pour prévoir l’évolution de la population catholique au cours des dix prochaines années, le SPI s’est basé principalement sur les relevés structurels annuels de l’Office fédéral de la statistique (OFS).

Baptêmes en baisse

En Suisse, le baptême est dispensé dans la très grande majorité des cas à des enfants en bas âge. Le taux de baptêmes a diminué au fil des années dans l’ensemble des diocèses. La baisse beaucoup plus brutale enregistrée entre 2019 et 2020 est à mettre essentiellement sur le compte de la pandémie de coronavirus. A noter également qu’en Suisse latine, l’Église catholique a subi une diminution sensiblement plus forte qu’en Suisse alémanique.

Comparativement au nombre des sorties d’Église, celui des entrées ou des retours reste à un bas niveau depuis des années. En 2020, 735 personnes ont adhéré à l’Église catholique, tandis qu’il s’agissait de 885 personnes en 2019. Le rapport entre les entrées et les sorties s’établit dès lors à 1 pour 42.

Le nombre de sorties d’Église reste très élevé

En 2020, 31’410 personnes ont quitté l’Église catholique, soit presque autant que le record de 31’772 enregistré en 2019. A l’échelon de la Suisse le taux de sorties se monte à 1,1%.  A noter que les cantons de  Genève, Valais, Neuchâtel et Vaud qui ne possèdent pas de corporations ecclésiastique de droit civil (ni d’impôt ecclésiastique obligatoire) n’enregistrent pas de sortie d’Église.

Une comparaison avec l’Église évangélique réformée révèle que 27’031 personnes ont quitté l’Église en 2020 sur une population globale de 2 millions de membres.

Moins de catholiques

Tous les cantons font état d’une baisse de la part des catholiques au sein de la population résidente globale. Selon les pronostics du SPI, la proportion de catholiques de plus de 15 ans au sein de la population suisse devrait passer de 34,4% en 2019 à 30,5% en 2030. Avec toutefois des différences notables entre régions et cantons. Du fait de la croissance générale de la population, le nombre des membres de l’Église catholique ne devrait cependant diminuer que légèrement en chiffres absolus.

Que peut entreprendre l’Église catholique face à ces perspectives? S’interroge enfin le SPI. Elle ne saurait guère avoir d’influence sur la croissance démographique et, en particulier, l’immigration. Elle doit à son propre niveau rétablir un taux de baptêmes supérieur et réduire le nombre des sorties d’Église. (cath.ch/com/mp)

Maurice Page

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