La Pologne et le Saint-Siège (290793)
Rome, 29juillet(APIC) Mgr Jozef Kowalczyk, nonce à Varsovie, et Krzystof
Skubiszewski, ministre polonais des Affaires étrangères, ont signé le 29
juillet à Varsovie le nouveau Concordat entre le Saint-Siège et la Pologne.
La cérémonie a eu lieu en la présence de Lech Walesa, président de la
République, et de Mme Hanna Suchocka, Premier ministre polonais. La Conférence épiscopale polonaise était représentée par le cardinal Franciszek Macharski, archevêque de Cracovie, entouré d’autres prélats.
Ce Concordat remplace celui que les deux Etats avaient signé le 10
février 1925 et qui avait été dénoncé unilatéralement par les autorités
communistes le 12 semptembre 1945.
Après les événements politiques de 1989, mais aussi après la parution du
nouveau Code de droit canonique en 1983, dont l’inspiration fondamentale
est celle du Concile Vatican II, il était nécessaire de rédiger un nouveau
concordat entre la Pologne et le Saint-Siège.
Le document qui vient d’être signé par les deux parties se compose de 29
articles, précédés d’une préface. Le Concordat commence par affirmer, selon
une formule devenue habituelle, que l’Etat polonais et l’Eglise catholique
«sont indépendants et autonomes, chacun dans son domaine» et «s’engagent au
respect réciproque et à la collaboration pour la promotion de l’homme et du
bien commun».
Le Concordat aborde ensuite la question des échanges de diplomates (nonce et ambassadeur), de la liberté de communication et d’organisation pour
les organismes de l’Eglise catholique, de la reconnaissance de la personnalité juridique et du devoir de l’Eglise de notifier à l’Etat les changements survenus. L’Eglise s’engage aussi à ne pas insérer de partie quelconque du territoire polonais dans un diocèse ou une province ecclésiastique
dont le siège serait en dehors de la Pologne. De même, l’Eglise s’interdit
d’étendre la juridiction d’un diocèse polonais au-delà des frontières de
l’Etat.
En dehors du nonce apostolique et des personnes exerçant une fonction
diplomatique apparentée, aucun membre de la Conférence épiscopale polonaise
ne peut être d’origine étrangère, même si le choix des évêques est exclusivement de la compétence du Saint-Siège.
Les articles 8 et 9 traitent des lieux de culte et des fêtes reconnues.
L’article 10 stipule les conditions à remplir dans le mariage à l’église
pour bénéficier de ses effets civils. Mais seul un tribunal ecclésiastique
est habilité à se prononcer sur la validité du mariage religieux. Pour que
cet article puisse entrer en vigueur, des changements sont prévus dans la
législation polonaise. Le concordat réaffirme d’ailleurs l’importance du
mariage et de la famille.
Les articles suivants sont consacrés au droit à l’éducation religieuse
et à la tolérance en toutes circonstances, aussi bien dans les écoles que
dans les camps de vacances, etc. Parmi les institutions d’enseignement supérieur que l’Eglise est libre d’établir et de gérer, l’Académie théologique de Cracovie et l’Université catholique de Lublin sont subventionnées
par l’Etat. D’éventuelles subventions sont également prévues pour d’autres
institutions d’enseignement gérées par l’Eglise.
Le concordat détermine par ailleurs les conditions de la pastorale en
milieu militaire et dans les prisons. Il reconnaît également aux évêques le
droit d’organiser la pastorale des minorités ethniques.
Le document définit aussi le droit de réunion, le droit de faire paraître des publications religieuses comme celui d’organiser des collectes. Il
annonce la création d’une Commission spéciale pour réglementer les questions financières en suspens.
Enfin, il est question des droits de propriété de l’Eglise, de l’entretien et de l’accès aux monuments sacrés, qu’il s’agisse de lieux de culte
ou d’autres biens culturels en possession de l’Eglise. (apic/cip/cb)
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