Vingt millions, la plupart à la charge des pays les plus pauvres

Réfugiés dans le monde: neuf fois plus nombreux qu’en 1970 (260893)

Paris, 26août(APIC) Le drame des réfugiés dans le monde prend des proportions alarmantes. Toujours plus et partout, leur nombre s’est multiplié par

neuf en vingt ans. Avec la multiplication des guerres, surtout dans le

tiers monde, les réfugiés sont aujourd’hui près de 20 millions, souvent à

la charge des pays les plus pauvres. A lui seul, l’Iran en abrite presque

le quart, avec 4,1 millions de réfugiés. Le dernier bulletin de l’UNESCO

dresse l’inventaire de la situation.

Pas une seule région, hormis l’Amérique du Sud, n’est épargnée par les

exodes massifs. Seule note quelque peu positive, l’amélioration de la situation des réfugiés dans le Sud-Est asiatique, avec l’arrêt ou presque des

«boat people» du Vietnam et le rapatriement de la quasi-totalité des réfugiés cambodgiens en Thaïlande.

L’Europe enregistre la plus forte progression de réfugiés pendant ces

dernières années. Le nombre de ceux-ci passant de 900’000 en 1990 à 4,4

millions au début de cette année, principalement en raison du conflit dans

l’ex-Yougoslavie et de la situation chaotique qui prévaut dans certains

pays de l’ex-URSS. Reste que les trois quarts de l’ensemble des réfugiés

vivent actuellement dans le tiers monde, dont une grande partie dans une

douzaine de pays (Iran, Pakistan, Malawi, Soudan, Guinée, Ethiopie, Zaire,

Mexique, Tanzanie, Chine, Burundi et Inde…)

Près du quart des réfugiés en Iran

Selon l’UNESCO, trois temps marquent l’inexorable progression des réfugiés. Le début du conflit Iran-Irak et la guerre en Afganistan, dans les

années 70 et au début des années 80; les guerres dans la Corne de l’Afrique

(Ethiopie, Ethiopie-Somalie, Soudan, Somalie) à partir du milieu des années

70, ainsi que la grande famine un peu plus tard; Le conflit dans l’ex-Yougoslavie et la guerre au Koweit, avec ses conséquences en Iran et en Irak.

Si, en nombre absolu, on retrouve dans les pays les plus «accueillants»

ceux qui bordent les conflits les plus graves, constate l’organisation, les

pourcentage de réfugiés sont révélateurs de conflits peut-être moins connus

mais dont les effets sont proportionnellement tout aussi dévastateurs. Il

en est ainsi du Malawi, où les réfugiés d’origines mozambicaine sont 11% de

la population totale, de la Guinée, où les réfugiés venus du Libéria représentent 8,3% de la population guinéenne, ou du Burundi où le pourcentage de

réfugiés arrivés du Rwanda représente 5% de la population totale.

Les guerres, plus que les catastrophes naturelles

Autres constatations, pas surprenantes: rapportée à sa population totale, la proportion des réfugiés est en Afrique noire plus élevée que partout

ailleurs. Compte tenu des difficultés économiques, c’est probablement dans

ce continent que les réfugiés connaissent les conditions de vie les plus

précaires. Pour l’UNESCO, les guerres un peu partout dans le monde, plus

que les catastrophes naturelles, alimentent les flots de réfugiés.

Pour tenir compte des incidences humaines de tous les conflits, relève

en conclusion l’UNESCO, il faudrait ajouter aux réfugiés les «personnes déplacées», forcées elles aussi à l’exode mais réinstallées dans leur pays

d’origine, et dont le nombre total est du même ordre de grandeur que celui

des réfugiés. (apic/un/pr)

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