Suisse: partenaires dans la recherche avec les pays en développement
Berne, 24août(APIC) La communauté scientifique suisse a présenté mardi à
Berne sa stratégie pour l’encouragement de la recherche dans les pays en
développement. A partir du constat que la recherche et le développement
sont inséparables, la Direction de la coopération au développement et de
l’aide humanitaire (DDA), la Conférence des Académies scientifiques suisses
(ASSN), le Fonds national suisse pour la recherche scientifique (FNRS) et
la Communauté de travail des oeuvres d’entraide ont décidé de mettre en
commun leurs capacités pour favoriser la recherche dans le tiers monde.
Le premier résultat concret de cet effort est la publication d’un répertoire de la coopération scientifique de la Suisse avec les pays en voie de
développement. 243 institutions, 740 personnes-ressources, 420 projets ont
été recensés par l’Institut universitaire d’études du développement de Genève. Chacun peut savoir qui fait quoi et où, explique le professeur Jacques Forster.
Les problèmes du tiers monde: surpopulation, famine, guerres, destruction de l’environnement, ont pour conséquences des migrations à grande
échelle qui touchent directement la Suisse. Ces problèmes ne peuvent trouver de solutions qu’en ayant recours à la recherche. Or ce sont les gens
sur place qui connaissent le mieux leur propre situation, il est donc indispensable pour eux de pouvoir développer une recherche propre et autonome.
La réflexion unissant des représentants de l’administration fédérale,
des milieux scientifiques et des organisations non-gouvernementales a conduit à l’élaboration d’un programme spécial à long terme visant à renforcer
la capacité des pays en développement et à promouvoir les recherches en
partenariat. Cela peut toucher tous les domaines, à part les langues anciennes, explique André Aeschlimann, du Fonds national suisse. La réalisation d’un projet implique la participation de scientifiques, mais aussi
souvent de techniciens et de juristes par exemple.
Le Nord compte 3’000 scientifiques et ingénieurs pour 1 million d’habitants, le Sud n’en compte que 300 et les pays les moins avancés que 20 à
30, témoigne Jean François Giovannini, directeur suppléant de la DDA, qui
précise que sont département est prêt à financer dans ce cadre les chercheurs du Sud. Les conditions de travail sont souvent très difficiles pour
eux: salaires insuffisants, absence de matériel, manque de contacts etc.
La réalisation du «Module 7», du Programme prioritaire Environnement,
regroupant 111 projets dans le domaine de l’écologie, et financé conjointement par la DDA et le FNSRS, (3 millions de francs chacun) sera une première étape opérationnelle.
Si l’idéal aurait été de pouvoir crééer un nouveau poste au budget de la
Confédération pour assurer le financement du «programme spécial», soit
quelques millions de francs par an, on ne peut y songer dans l’Etat actuel
des finances fédérales. C’est donc par le biais de canaux existants que
«nous serons obligés de travailler», relève le professeur Paul Walter, président de l’Académie suisse des sciences naturelles.
Quant à Richard Gertster, directeur de la Communauté de travail Swissaid/Action de Carême/Pain pour le prochain/Helvetas/Caritas, il souligne
le plein soutien au projet qui permet également d’établir des ponts entre
des milieux souvent trop étrangers l’un à l’autre. Et de rappeler que le
but premier est de répondre aux besoins des pays.
L’industrie privée s’est dite aussi intéressée par ce programme. Mais
ses trois représentants au sein du groupe de travail ont hélas démissionné
en cours de route. (apic/mp)
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