Appel à la rencontre des cultures par le biais de l’émigration

Bruxelles: Congrès européen des anciens élèves des jésuites (230893)

Bruxelles, 23août(APIC) Le Congrès européen des anciens élèves des jésuites, réuni à Bruxelles, a abordé la question de l’accueil des réfugiés.

Quelle attitude faut-il adopter devant la venue en Europe de nombreux ressortissants d’autres continents? Devant la forte tendance des Européens à

fermer leurs frontières, le Père Pierre-Joseph Joblin (France), professeur

à l’Université Grégorienne à Rome a plaidé pour la notion de pluriculturalité avec laquelle l’Europe doit apprendre à vivre.

Le Père Joblin a évoqué les problèmes que pose dans la vie courante une

société devenue pluriculturelle. Il a montré que si la simple assistance,

la charité au sens traditionnel sont toujours de mise, la solution des problèmes humains, matériels et psychologiques dont souffrent les migrants et

les réfugiés requiert une politique globale à l’échelle de chaque pays et

de l’Europe.

Le conférencier constate qu’aucune des politiques menées en Europe ne

prévoit de créer une culture nationale pluriculturelle. C’est pourtant en

ces termes, dit-il, que se pose désormais le problème, du fait de l’importance du nombre des étrangers, de leur volonté de rester et de l’augmentation du rythme des naturalisations.

Sur un pied d’égalité

Pour le Père Joblin, la pluriculturalité est donc un fait avec lequel

l’Europe doit apprendre à vivre. Elle met en cause les équilibres sociaux.

Pour la première fois, les valeurs qui fondent la société occidentale sont

contestées par des populations venues de l’extérieur, au point que cette

société ne peut plus se contenter d’un consensus fondé sur une grande partie des valeurs qui la fondent, consensus qui avait pourtant prévalu jusque

là même au plus fort des luttes religieuses.

Le jésuite français attire l’attention sur le fait que le développement

d’un monde pluriculturel ne se fera pas tout seul. Il demande que chaque

Européen y travaille, en prenant conscience du problème que constitue

l’avènement d’une société de liberté dans le monde. Mais au lieu de s’illusionner sur la mission de l’Occident de porter sa civilisation aux autres

nations, il faut accepter que c’est maintenant sur son propre terrain que

se fait la rencontre des cultures et sur un pied d’égalité. La raison nous

dit, et la foi nous confirme, que l’aventure humaine est une histoire qui

se construit chaque jour vers le développement matériel et le progrès spirituel des individus et des peuples. « Tous sont sur la route, conclut le

Père Joblin, mais le progrès est le résultat d’un effort dans lequel nous

devons tous nous entraîner ». (apic/cip/ba)

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