La Plate-Forme Haïti de Suisse écrit au Conseiller fédéral Flavio Cotti

Haïti: l’espérance démocratique assassinée quotidiennement (190993)

La COTMEC et «Justice et Paix» font la même démarche

Genève, 19septembre(APIC) La Plate-Forme Haïti de Suisse, qui regroupe 24

organisations de coopération et de solidarité avec Haïti en Suisse, dénonce

le fait que l’espérance démocratique est assassinée quotidiennement dans

l’île des Caraïbes. S’appuyant sur les informations publiées par Amnesty

International, elle vient d’écrire au Conseiller Fédéral Flavio Cotti, chef

du Département des Affaires étrangères, pour que la Suisse, «à l’exemple de

la France et des Etats-Unis, condamne publiquement l’assassinat d’Antoine

Izméry et d’au moins 10 autres personnes le 11 septembre». De leur côté, la

Commission Tiers Monde de l’Eglise catholique (COTMEC) à Genève et «Justice

et Paix» sont également intervenus dans le même sens auprès du Conseiller

fédéral Flavio Cotti.

«Six semaines avant le retour prévu du président Jean-Bertrand Aristide

et le rétablissement des structures démocratiques en Haïti, les violations

des droits de l’homme (assassinats, tortures, harcèlements) atteignent un

tel niveau que beaucoup d’observateurs craignent en effet le pire pour le

30 octobre, date prévue pour le retour du président», estime la Plate-Forme

Haïti, dans une déclaration. L’exécution d’Antoine Izméry, commerçant influent et engagé dans le processus de démocratisation devant l’église du

Sacré-Coeur à Port-au-Prince le 11 septembre dernier, montre clairement les

méthodes des adversaires de la démocratie. Antoine Izméry a été arrêté en

pleine célébration du cinquième anniversaire du massacre à l’église SaintJean Bosco, tiré hors de l’église et froidement abattu. Pendant la même fin

de semaine, au moins dix autres personnes sont mortes de violences planifiées visant à faire croître la peur et la panique parmi la population, juste avant le retour du président Aristide».

La Plate-Forme Haïti de Suisse, dans sa lettre, demande au Conseiller

fédéral Cotti de faire une déclaration publique en «tenant les autorités

militaires haïtiennes responsables de la sécurité du gouvernement civil récemment installé du Premier ministre Robert Malval et de la sécutié de tous

les Haïtiens, y compris les partisans du président Arsitide». Faisant allusion au bain de sang annoncé pour le 22 septembre, la Plate-Forme Haïti demande en outre au Chef des Affaires étrangères de Suisse de «faire pression

sur les autorités militaires haïtiennes pour qu’elles retirent leurs menaces et d’encourager la traduction en justice des responsables des massacres.

Dans une lettre adressée au même destinataire, la COTMEC reprend l’essentiel des demandes urgentes de la Plate-Forme Haïti. Dans la conclusion

de son message, elle insiste sur un point: Que la Suisse use de son influence «afin que la force de sécurité internationale qui devrait être envoyée

en Haïti pour garantir l’ordre public soit organisée d’une manière qui respecte pleinement la souveraineté des autorités légitimes du pays». La COTMEC a envoyé un copie de sa lettre à la Conseillère fédérale Ruth Dreifuss,

qui connait particulièrement bien Haïti, pour y avoir séjourné de nombreuses fois avant son élection au Conseil fédéral, ainsi qu’à Mgr Amédée Grab,

évêque auxiliaire à Genève, responsable de «Justice et Paix» au sein de la

Conférence des évêques catholiques suisses. (apic/com/ba)

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