au sein de la nouvelle Europe

Syracuse: Les journalistes catholiques (170993)

Un symposium marqué par l’assassinat par la mafia d’un prêtre de Palerme

Syracuse, 17septembre(APIC/Jacques Berset) Le 2e Symposium européen de

l’Union catholique internationale de la presse (UCIP), qui se déroule du 15

au 19 septembre à Syracuse, en Sicile, a été marqué par un nouveau défi

sanglant de la mafia à l’Eglise catholique: le brutal assassinat, mercredi

soir, de Don Giuseppe Puglisi, curé du quartier défavorisé de Brancaccio, à

Palerme.

Menacé à diverses reprises en raison de son combat contre la mafia, le

Père Puglisi a été abattu en pleine rue d’une balle dans la nuque. Il

n’avait aucune protection.

Malgré cet assassinat qui secoue toute la Sicile et l’Eglise catholique

– du moins la partie qui ne garde pas le silence face aux agissements de la

Cosa Nostra – les travaux du Symposium n’en ont pas été boulversés. Aucune

allusion de ce crime n’a été faite à l’ouverture de la rencontre à l’Hôtel

de Ville de Syracuse, en présence du cardinal Camillo Ruini, président de

la Conférence épiscopale italienne. Le vicaire du pape pour le diocèse de

Rome, qui a parlé de l’Eglise en Europe et du rôle des journalistes catholiques, s’est dit conscient de l’importance pour l’Eglise du dialogue avec

les journalistes catholiques et les médias en général. Soulignant que

« l’Europe ecclésiale n’est pas en crise », le cardinal Ruini a évoqué le

chômage élevé qui touche l’Europe du Mezzogiorno à la Finlande et « le moment de faiblesse » qui traverse la construction européenne. Il a rappelé

que l’unité européenne ne peut réussir à se faire seulement au niveau économique, politique et institutionnel, moins à partir également des réalités

culturelles et spirituelles.

La montée des nationalismes et de la xénophobie

Cette fragilité de la construction européenne, marquée par la montée des

nationalismes et de la xénophobie, est due à un « manque de convictions, de

valeurs et de projets ». D’où la nécessité pour les chrétiens de s’engager

davantage socialement et d’assumer un rôle public de plus grande envergure.

Mais ce rôle accru nécessite une foi authentiquement vécue dans la réalité

personnelle et communautaire, a poursuivi le cardinal Ruini.

Ce dernier a aussi déploré la crise de la vérité qui se rencontre principalement dans le domaine éthique, dans la permissivité, le relativisme

des comportements moraux, le refus d’une vérité transcendante. On est face

à une crise qui touche les racines les plus profondes de notre foi. Pour le

cardinal Ruini, le rôle des journalistes catholiques est fondamental, car

les médias ne sont pas seulement des moyens de communication de la culture,

mais aussi des lieux de production de la culture. Si une presse libre est

le fondement d’une société libre, elle n’est pas sans ambivalence. L’Europe

ecclésiale, a-t-il poursuivi, doit faire face à un défi de taille: celui de

la nouvelle évangélisation qui concerne aussi l’Eglise elle-même. A ce niveau, il a relevé la nécessité de la formation des chrétiens, « car seuls

des chrétiens formés peuvent évangéliser et sont capables d’irradier avant

tout avec le témoignage de leur propre vie ». Il a encore relevé que l’Eglise doit faire face à des puissants courants « d’antiévangélisation » qui vont

consciemment dans le sens contraire de l’Eglise.

150 journalistes venus de 30 pays

Le symposium de la région Europe de l’UCIP, qui s’était tenu pour la

première fois à Fribourg il y a 2 ans, rassemble quelque 150 journalistes

d’une trentaine de pays, avec une forte participation de journalistes catholiques des anciens pays communistes. (apic/be)

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