19 familles à la rue: 30 adultes et 30 enfants dans l’attente de solutions

Paris: des paroisses hébergent des expulsés (160993)

Le Secours Catholique a entamé le dialogue avec les pouvoirs publics

Paris, 16septembre(APIC) Les problèmes de logement en ville de Paris notamment sont toujours aussi énormes. Drames et injustices se succèdent. Les

autorités de la «Ville Lumière», avec leur maire Jacques Chirac à leur tête, davantage porté aux discours politiques qu’aux actes, n’en ont que faire. 19 familles, soit trente adultes et autant d’enfants, dont certains en

très bas âges, qui squattaient un immeuble avec l’aide du DAL (Association

Droit au logement), ont été expulsés fin août. Deux paroisses, Saint-Hippolyte et Saint-Pierre de Montrouge les ont accueillis. La solidarité pour

apaiser les souffrances. La solidarité des uns pour contrer la bêtise des

autres.

L’ombre de l’abbé Pierre ne semble pas encore s’être suffisamment étendue sur Paris. Pas davantage qu’elle ne semble avoir pénétré les consciences des décideurs. L’histoire remonte au 26 août. Elle continue aujourd’hui

pour ces familles sans logement. Deux expulsés témoignent.

Jacqueline et Daniel, la trentaine, ont deux enfants, de huit et trois

ans. Zaïrois, ils vivent en France, en situation régulière depuis quatre

ans. Fin janvier, ils sont expulsés de leur appartement à Meaux, pour faire

place à de nouveaux HLM. En l’absence de Jacqueline, à l’hôpital auprès de

l’un de ses enfants, les propriétaires vident l’appartement, meubles et vêtements. Aujourd’hui encore, tout est à la cave.

Pour bénéficier d’un logement social, il faudrait que Daniel travaille à

Meaux. Or il est gardien d’une société parisienne. Il doit donc adresser sa

demande à la Préfecture de Paris. Malgré son salaire – 8500 ff par mois et les «extras» de Jacqueline comme femme de ménage, aucun logement n’est

disponible pour eux. «Depuis six mois, nous sommes à la rue. J’ai perdu

toute possibilité de travailler. Mon mari est épuisé. J’ai dû laisser mon

petit Kevin à Nantes, chez ma belle-soeur. Et Blondy, l’aîné, est à Fontainebleau chez une amie. Mais il n’y a plus de place à l’école pour lui».

Jacqueline et Daniel sont l’une des 19 familles, dont deux françaises,

expulsées du 41 avenue René Coty par les forces de l’ordre le 26 août. Depuis cinq mois, ils avaient squatté cet immeuble avec l’aide du DAL. Mais

la ville de Paris a récupéré ce terrain pour, selon elle, y construire une

crèche et une «halte-garderie» destinée à des enfants de séropositifs. Intention louable, mais non encore réalisée.

Quinze jours seulement… et déjà protestataire

Depuis le 31 août, les 19 familles, adultes et enfants, sont hébergées

dans des paroisses. Depuis le 4 septembre les expulsés vivent à la paroisse

de Saint-Pierre de Montrouge, dans le 14e, où elles sont encore et toujours. Elles avaient été accueillies auparavant et pour quatre nuits dans

la paroisse de Saint-Hippolyte. Chaque soir, l’équipe pastorale, avec d’autres paroissiens est présente pour les accueillir, parler avec eux, leur

donner un coup de main et, avec la contribution du DAL, leur offrir un repas. Tôt le matin, les hommes repartent à leur travail. Vers 9h30, femmes

et enfants vont «siéger» avenue Coty pour manifester publiquement leur attente. Parmi les protestataires… un bébé de quinze jours. Une voix déjà

pour les sans-voix de Paris et d’ailleurs.

«Je ne suis pas une spécialiste, mais auprès d’eux, je comprends les

difficultés, confie Thérèse, une paroissienne. Si le logement ne cesse pas

d’être une denrée marchande livrée à la surenchère, de plus en plus de gens

ne vont plus pouvoir se loger».

Le Secours Catholique entame le dialogue

Au nom du cardinal Jean-Marie Lustiger, archevêque de Paris, le Père

Yves de Mallmann, avec Jean Desalme, délégué de la section parisienne du

Secours Catholique, sont intervenus le jour même des expulsions auprès des

pouvoirs publics. Le dialogue se poursuit depuis. Le Secours Catholique

connaît bien ces situations: il avait déjà pris en charge les expulsés du

Quai de la Gare il y a trois ans et, en 1992, les déboutés du droit d’asile

réfugiés à Saint-Joseph.

En attendant une réponse des pouvoirs publics, qui tarde, les 19 familles cherchent un toit au jour le jour et espèrent des solutions avant l’hiver. (apic/pnd/cdg/pr)

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