Bilan de Mgr Schwery sur le 8e Symposium des évêques (150993)
Sion, 15septembre(APIC) « L’Eglise a besoin de former les gens à être capables de liberté, à rayonner la liberté »: c’est la première conclusion que
l’évêque de Sion, le cardinal Henri Schwery, a tirée au retour du 8e Symposium élargi des évêques européens, qui vient de s’achever à Prague. Le cardinal revient de la capitale tchèque enrichi par la diversité des sensibilités et l’esprit d’ouverture vécu durant ce Symposium. Il a ressenti avec
force la symbolique du lieu choisi et s’est réjoui de la forte présence des
évêques de l’Est.
La diversité des participants à ce Symposium ouvert aux laïcs, aux prêtres et aux religieux, bien que destiné aux évêques, a constitué un réel
enrichissement et une manifestation concrète de la volonté d’ouverture de
l’Eglise, estime le cardinal.
« S’il est difficile d’arriver à des conclusions avec une assemblée de
300 personnes, la diversité des sensibilités et des interventions est un
enrichissement », souligne l’évêque de Sion. Le thème – « Vivre l’Evangile
dans la liberté et la solidarité » – était sans doute trop vaste pour dégager une certaine unité. Quoi qu’il en soit, « l’issue de ce Symposium est
positive », relève-t-il, impressionné par les exposés des cardinaux George
Basil Hume, archevêque de Westminster, et Godfried Danneels, archevêque de
Malines-Bruxelles: « Les deux orateurs ont donné des impulsions invitant à
des réalisations concrètes ».
Traduire le message dans les faits
Des réalisations concrètes, les membres de la délégation suisse en ont
décidé au niveau de la Conférence des évêques suisses (CES) et des diocèses, affirme Mgr Schwery, convaincu qu’il est de la responsabilité de chacun de faire passer le message de Prague dans son milieu de vie. Le rapport
qui sera présenté mettra l’accent sur plusieurs questions ou propositions
susceptibles de traduire ce message dans les faits: à l’heure où les frontières s’ouvrent, quelle solidarité pratiquons-nous, nous Suisses? Avec
qui? Comment? « Nous sommes d’accord de partager nos biens, mais sommes-nous
disposés à partager la pauvreté des autres, du travailleur étranger par
exemple? Cela nous engage plus radicalement et nous fait perdre notre confort », constate le cardinal Schwery, qui ajoute: « Notre refus de l’Europe
le 6 décembre dernier n’est-il pas lié à cette peur? »
Symbolisme du lieu
Autre point de discussion lors de ce Symposium: la liberté. « C’est un
mot piège, relève l’évêque de Sion, car il n’a pas le même sens à l’Est
qu’à l’Ouest: alors que certains réclament une plus grande liberté à l’intérieur de l’Eglise, d’autres demandent encore la liberté de culte ». Mgr
Schwery est conscient que la notion de liberté « ne recouvre pas pour tous
les mêmes réalités, les mêmes priorités à vivre, qui dépendent de l’expérience que l’on a de l’Eglise ».
Enfin, le symbolisme du lieu a marqué le cardinal Schwery: « Je n’ai cessé d’y penser durant ces quelques jours: 300 personnes réunies en toute liberté au nom de l’Eglise dans une université d’Etat d’Europe de l’Est? Une
telle chose aurait été impossible en 1988! Et non loin de l’aula, une salle
de classe transformée en chapelle avec la présence du Saint-Sacrement! » La
forte présence des évêques de l’Est – « c’est la première fois qu’ils étaient si nombreux » – « a donné aux gens de l’Ouest une dimension moins égoïste
de la liberté et de la solidarité ». (apic/cor/pr)
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