SOS des Eglises neuchâteloises (130993)

Neuchâtel: campagne 93 pour la contribution ecclésiastique: c’est parti

200’000 frs de subvention de l’Etat en 1941: pas un centime de plus en 93

Neuchâtel, 13septembre(APIC) La campagne ou plutôt la promotion de la

contribution ecclésiastique en faveur des Eglises neuchâteloises, l’Eglise

réformée évangélique (EREN), l’Eglise catholique romaine et l’Eglise catholique chrétienne est lancée. Plus qu’une invitation à payer l’impôt faite

aux fidèles, elle est un véritable SOS, même si les difficultés rencontrées varient d’une Eglise à l’autre. Les responsables des trois Eglises

donnaient lundi à Neuchâtel conférence de presse pour expliquer les enjeux.

L’EREN n’hésitant pas à qualifier sa situation financière de précaire. Il y

a danger. D’autant plus que les services des Eglises ne cessent de s’accroître.

Les temps sont difficiles. Et les Eglises neuchâteloises n’échappent pas

à la morosité d’un climat financier qui n’incite guère à l’optimisme. Surtout que dans le canton, principe de la séparation Eglise-Etat oblige, elles ne perçoivent la contribution ecclésiastique des citoyens que sur une

base volontaire. L’Etat n’intervenant que pour octroyer une subvention de

200’000 francs seulement. Dérisoire. D’autant plus dérisoire que le montant

n’a pas varié d’un centime depuis 1941, année de la révision de la Constitution neuchâteloise, introduisant le principe de la séparation.

La campagne 93 invite les fidèles à s’acquitter de la contribution ecclésiastique. Un titre évocateur: « Gestes d’amour », un logo symbole: un

coeur-tirelire, à l’enseigne de « valeurs de vie, un message, surtout, synthétisé en deux phrases: « Donnons aux vraies valeurs les moyens de s’exprimer. Merci de votre contribution ».

Douze postes supprimés à l’EREN, blocage des salaires et non versement

du 13e salaire. Tout cela n’a pas empêché l’Eglise réformée d’accuser un

déficit de 1,6 million de francs en 1992, pour des recettes calculées à 8,8

millions. Le budget 93, plus optimiste compte tenu des réadaptation, prévoit un déficit de l’ordre de 0,5 million. L’Eglise catholique, après avoir

accusé une perte de l’ordre de 400’000 francs en 91, avait l’an dernier

réussi la gageure d’équilibrer ses comptes. Mais 93 se profile avec l’estimation d’un déficit de 113’000 francs. Pour l’Eglise catholique chrétienne,

avec ses deux lieux de culte à La Chaux-de-Fonds et Neuchâtel désservis

par une même personne, les difficultés ne sont pas nécessairement matérielles, intègrée qu’elle est dans le diocèse suisse, le seul du reste, avec

ses 18’000 fidèles recencés sur l’ensemble du territoire national.

Entré en vigueur en 1943, le régime de la séparation de l’Eglise et de

l’Etat voté par le peuple en 41 laisse aujourd’hui apparaître un certain

nombre de conséquences. Matérielles. Surtout que la modeste subvention de

l’Etat, en dépit de deux tentatives pour l’augmenter, l’une refusée par le

peuple en 1954, l’autre sous forme de postulat jamais traité à ce jour,

sont demeurées vaines. D’où l’invitation faite aux fidèles par les trois

Eglises de remplir leur bordereau d’impôt ecclésiastique. Pour qu’elles

puissent remplir leur mission, avec les innombrables tâches et services,

auxquels chaque citoyen doit un jour ou l’autre recourir. Sans parler du

service toujours plus important consacré au social. Un rôle que les Eglises

neuchâteloises assument… et financent. Malgré la séparation Eglise/Etat.

Et surtout pas au prorata des 200’000 francs de subvention perçue. (apicpr)

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