La réconciliation passe par la conversion

Bruxelles: retour de Serbie du cardinal Danneels (020993)

Bruxelles, 2septembre(APIC) Le cardinal Godfried Danneels, président de

Pax Christi international, est rentré mercredi de Belgrade, où il a rencontré la hiérarchie orthodoxe serbe en vue d’une nouvelle initiative de paix.

L’objectif de la mission était en outre de poursuivre les relations avec

l’Eglise catholique croate.

L’essentiel des entretiens a consisté à écouter les interlocuteurs Serbes, a précisé le cardinal. « Les responsables de l’Eglise orthodoxe serbe

nous ont fait comprendre combien ils étaient déçus de voir diffuser sur

leur Eglise une information souvent peu correcte. »

Ces entretiens ont pu avoir lieu à la faveur d’un premier contact noué à

Belgrade en avril 1992 par des représentants de Pax Christi. En mai dernier, le cardinal Danneels a écrit au patriarche Pavle pour lui demander de

soutenir le plan de paix Vance-Owen. Le patriarche ne peut cependant décider seul, les résolutions ecclésiales nécessitent l’assentiment des autres

évêques qui constituent avec lui le Saint-Synode. Ce qui explique que quelques jours plus tard le Synode ait soutenu le référendum parmi les Serbes

de Bosnie ce qui signifiait le rejet du plan Vance-Owen.

Le cardinal Danneels n’avait pas demandé ni reçu de mandat direct du Vatican pour cette mission, mais voyageait uniquement au nom de Pax Christi.

Ce qui a permis une grande franchise dans les discussions. Le patriarche

Pavle s’est même déclaré disposé à rencontrer le pape, mais cela nécessite

aussi l’accord du Synode. A propos de la lettre adressée au patriarche orthodoxe serbe par Jean Paul II il y a quelques mois, Mgr Danneels estime

qu’une réponse est imminente.

Devant la complexité de la situation, le patriarche a surtout insisté

sur l’approche spirituelle des problèmes. Le conflit ne s’apaisera pas sans

transformation de mentalité. Il faut faire oeuvre de réconciliation. Cela

signifie la conversion de chacun pour reconnaître ses torts.

A propos des relations entre les catholiques et les orthodoxes, le reproche adressé à l’Eglise catholique, de faire du prosélytisme en nommant

des évêques dans des régions de tradition orthodoxe, demeure. La délégation

de Pax Christi a cependant pu faire valoir la position catholique. Ces évêques sont nommés pour être les pasteurs de communautés existantes.

Les Serbes ont tenu à faire part de leurs doléances à propos du déséquilibre de l’information. Les journaux prêtent par exemple aux évêques serbes

des appels à la population locale à se dresser contre la présence de l’ONU.

Souvent l’adversaire est présenté sous des traits diaboliques et on met sur

lui une culpabilité collective sans nuance. Dans un tel contexte, il est

difficile de faire oeuvre de dialogue.

Les responsables serbes se sont également plaint des conséquences de

l’embargo pour la population. Bien que les médicaments et la nourriture ne

soient pas soumis à l’embargo, l’approvisionnement est difficile et les médicaments sont rares et hors de prix. La concertation entre l’Eglise serbe

et l’Eglise croate ne sera pas facile. Il existe des clivages profonds entre les deux communautés et tout rapprochement peu aussi être considéré

comme la création d’un front contre les musulmans, conclut Mgr Danneels.

(apic/cip/mp)

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