Belgique: Propos controversés du vice-recteur (121093)
En faveur de l’utilisation d’embryons surnuméraires pour la recherche
Louvain, 12 octobre(APIC) La production et donc la surgélation d’embryons
humains surnuméraires pour la procréation médicalement assistée ne pose pas
de problèmes éthiques au professeur Herman Van den Bergue, vice-recteur de
l’Université catholique de Louvain (KUL). Le généticien explique, dans le
dernier numéro du périodique de l’Alma mater néerlandophone «Campuskrant»,
qu’il ne voit pas non plus de problèmes majeurs dans la destruction des embryons surnuméraires ou dans leur utilisation à des fins scientifiques.
Ce point de vue n’est pas partagé par Mgr Guido Maertens, président du
Centre de contertation en Ethique chrétienne, qui élève à ce sujet des objections «philosophiques et éthiques». Car le problème posé par les embryons surnuméraires reste, dit-il, une question délicate «à laquelle les
Pour des raisons techniques et scientifiques, la procréation médicalement assistée, lorsqu’on recourt à la fécondation artificielle en éprouvette, donne généralement vie à plus d’embryons humains qu’il n’est nécessaire. Tous en effet, ne seront pas réimplantés dans l’utérus de la future maman. Que fait-on, dans ce cas, des embryons surnuméraires ?
Non à la «culture» des embryons
«Lorsqu’on ne peut poursuivre des objectifs thérapeutiques importants
que par la recherche sur les embryons humains, je trouve que les chercheurs
peuvent utiliser les embryons en surnombre durant une brève période de leur
évolution. En revanche, je n’approuve pas absolument pas la «culture» des
embryons à des fins purement expérimentales», affirme le professeur Van Den
Berghe.
Un raisonnement «dangereux»
Le généticien de la KUL pense que les embryons utilisés pour des objectifs thérapeutiques peuvent être détruits après coup: «J’estime, dit-il,
que permettre à des conjoints ou à un couple stable, confronté à des problèmes de fertilité, d’avoir un enfant grâce à la fécondation ’in vitro’
est un acte éthique positif. La procréation de cet enfant est tout un projet. Quand ce projet a réussi, les embryons surnuméraires perdent, à mes
yeux, le statut d’entité à part. Par conséquent, je ne vois aucun problème
à les détruire après coup». Le critère avancé par le professeur de Louvain
apparaît cependant, «plutôt subjectif» aux yeux de Mgr Maertens. Ce dernier
trouve d’ailleurs le raisonnement du professeur «dangereux».
En ce qui concerne le dépistage précoce des maladies et malformations
génétiques, Mgr Guido Maertens juge que, dans certains cas – «quand on est
sûr que l’enfant n’aura jamais la possibilité de communiquer avec son entourage et lorsqu’il existe un grave handicap physique» – il doit être possible de discuter pour savoir si «à partir de la naissance, on renonce
éventuellement à prendre toutes les mesures les plus héroïques»
La vision chrétienne opte toujours pour la vie
Mgr Maertens ajoute aussitôt que «l’on ne peut jamais intervenir activement pour mettre fin à une vie. La vision chrétienne opte toujours pour la
vie – c’est aussi le point de vue officiel de l’Eglise catholique – mais
elle opte en même temps pour la souffrance humaine. Néanmoins, la question
n’est pas de tout interdire ou de tout permettre. La vie n’est pas aussi
simple».
Lorsque des parents sont confrontés à un problème génétique, estime Mgr
Maertens, il leur revient de décider en leur âme et conscience. Et donc de
prendre leurs responsabilités. Vont-ils ou non opter pour un traitement curatif? «Il ne s’agit pas de faire mourir l’enfant à naître», précise-t-il,
mais éventuellement «de ne plus entreprendre un traitement».
Anomalies et thérapie
De son côté, le professeur Van Den Berghe va jusqu’à soutenir les parents dans leur doute. «Un enfant de constitution normale sur le plan psychomoteur, mais souffrant, par exemple, d’une éventration congénitale, nécessiterait de multiples soins pour lui conserver pendant quelques années
une qualité de vie raisonnable. Dans ce cas, je ne conseillerais pas des
opérations héroïques. Si les parents, en pareil cas, étaient hésitants, je
marcherais dans le sens de leur doute». (apic/cip/ba)
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