De simples «frères» pourront devenir supérieurs de congrégations

Des religieux non-prêtres pourront assumer des charges de supérieur, à condition d’obtenir l’autorisation de la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique. Un rescrit publié par le Bureau de presse du Saint-Siège, le 18 mai 2022, assouplit, avec effet immédiat, les règles d’élection à la tête des instituts religieux cléricaux de droit pontifical.

Désormais, de simples «frères», n’ayant pas reçu l’ordination, pourront être élus à la tête d’instituts religieux cléricaux de droit pontifical et dans les Sociétés cléricales de vie apostolique de droit pontifical. Le rescrit précise trois possibilités précises pour ces religieux non-clercs. Un frère pourra devenir supérieur local, sur nomination du modérateur suprême avec l’accord de son conseil, sans que l’autorisation de Rome ne soit nécessaire.

Il pourra aussi être nommé supérieur majeur, également par le modérateur suprême avec l’accord du conseil, mais avec la condition supplémentaire d’une autorisation écrite de la part du dicastère pour la vie consacrée. Enfin, selon le droit propre à chaque institution, un frère pourra être élu modérateur suprême ou supérieur majeur, mais là aussi, une confirmation écrite sera nécessaire de la part du dicastère.

La Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique se réserve la possibilité «d’évaluer les cas individuels et les motivations adoptées par le modérateur suprême ou par le chapitre général», est-il précisé. 

Cette nouvelle disposition fait suite à une audience accordée le 11 février dernier par le pape François au préfet de ce dicastère, le cardinal João Braz de Aviz, et au secrétaire, Mgr José Rodríguez Carballo. Le dicastère pour les instituts de vie consacrée et les société de vie apostolique aura la faculté d’autoriser, au cas par cas, «des membres non-clercs» à recevoir «la charge de supérieur majeur dans les Instituts religieux cléricaux de droit pontifical et dans les Sociétés cléricales de vie apostolique de droit pontifical» qui dépendent de l’Église latine. 

Des religieux non-prêtres pouvaient déjà assurer des charges de supérieur dans les instituts dit «laïques». Par exemple, les Frères des Écoles chrétiennes, qui suivent la spiritualité de saint Jean-Baptiste de La Salle, ou les Petits Frères de Jésus, disciples de saint Charles de Foucauld, ne sont pas prêtres et l’ordination n’est donc pas requise pour l’élection comme supérieur. Mais dans d’autres communautés, les ordinations sacerdotales peuvent être liées à la préoccupation de trouver des personnalités ultérieurement éligibles à des charges de supérieurs. Certains frères deviennent ainsi prêtres par obéissance, dans une optique plus fonctionnelle que spirituelle.

Cet assouplissement peut donc être compris par une volonté de séparer le discernement spécifique d’une vocation sacerdotale et le besoin des communautés de trouver des personnes aptes à exercer un leadership. Le problème de la juste articulation entre le «pouvoir sacré» et la capacité administrative et fonctionnelle fait aussi partie des thèmes de réflexion parfois abordés dans la perspective de la lutte contre les abus.

Cette disposition déroge au droit canonique. Le canon 588 du Code de Droit canonique établit en effet «qu’on appelle institut clérical celui qui, en raison du but ou du propos visé par le fondateur ou en vertu d’une tradition légitime, est gouverné par des clercs, assume l’exercice d’un ordre sacré et est reconnu comme tel par l’autorité de l’Église». (cath.ch/imedia/cv/bh)

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