Nyon: palmarès du Festival du film documentaire (181093)
Prix du Jury oecuménique décerné ex-aequo à «Asmara» du Suisse
Paolo Poloni et «Les Bielov» du Russe Victor Kossakovsky
Nyon, 18octobre(APIC) Trois films ont retenu l’attention du Jury oecuménique du 25e Festival international du film documentaire de Nyon qui s’est
terminé dimanche soir. Le Jury a décerné son prix ex-aequo à «Asmara», du
Suisse Paolo Poloni, et au film «Les Bielov», du Russe Victor Kossakovsky.
Les membres du Jury oecuménique a encore attribué une mention au film «Raconte-moi quelque chose sur toi, René», de la Tchèque Helena Trestikovà.
«Asmara» a été remarqué pour «la sensibilité et l’humour du récit d’un
voyage qui rapproche un père et un fils par la révélation des non-dits du
passé». Quant au film «Les Bielov» il reflète «avec poésie la tragédie humaine, malgré la marginalité apparente de ses personnages». La mention attribuée au film tchèque veut mettre en valeur le portrait émouvant d’un
jeune homme vivant dans un climat social inquiétant et sans illusions».
Avant d’annoncer les noms de ses lauréats, le jury oecuménique a constaté avec inquiétude que certains films traitant de graves sujets ont été
trahis par une forme consacrée au seul divertissement. Il «tient cependant
à affirmer que la sélection, qui ne comptait pas moins de 47 films, était
d’un haut niveau».
Une place de choix pour les réalisateurs de l’Europe de l’Est
Les réalisateurs venant des pays de l’Europe de l’Est ont eu cette année
une place d’honneur dans le palmarés, en particulier le jeune Victor Kossakovsky qui, avec «Les Bielov», – le portrait d’une famille paysanne russe a proposé un film documentaire qui confine à la tragédie; ce film a été remarqué par plusieurs jurys et reçoit le Grand Prix de ce festival.
Parmi un riche programme, on a pu remarquer plusieurs films très personnels produits par des réalisateurs qui enquêtent dans leur propre famille.
L’Allemande Dagmar Benke interroge dans «Deux Hommes» son père installé à
l’Ouest depuis les années 50 ainsi que son frère – donc l’oncle de la réalisatrice – qu’elle n’avait jamais vu jusqu’à l’ouverture du Mur de Berlin
et qui était responsable des frontières de Berlin-Est. L’Allemagne est réunifiée, mais beaucoup de choses séparent encore ces deux frères, à l’image
des citoyens de cette nouvelle Allemagne.
Paolo Poloni n’avait guère de contacts avec son père et ignorait son engagement au service de la construction de l’Empire italien en Erythrée,
sous Mussolini. Le fils et le père font le voyage de l’Afrique à la recherche de souvenirs et de leurs racines.
Portraits de Chevarnaze et de Clinton
Mais le documentaire, c’est aussi le journalisme télévisé ou tout genre
qui s’en approche. Ainsi furent programmées à Nyon, durant une semaine, de
nombreuses enquêtes richement illustrées, aux sujets souvent difficiles:
des guerres (ex-Yougoslavie, Arménie); des crimes: le boxeur Myke Tyson mis
en prison pour viol); des problèmes sociaux touchant les minorités, des
phénomènes politiques comme le néonazisme. Ou encore des portraits, comme
celui, très fouillé, d’Edouard Chevarnaze, qui a traversé tous les régimes
soviétiques avant d’occuper de très hautes fonctions au moment crucial de
la pérestroïka, ou encore celui, plus inquiétant, du président américain
Clinton, durant sa dernière campagne électorale.
Ouvert le 18 octobre, ce 25e Festival de Nyon fut aussi marqué par d’intenses débats, surtout en coulisse, qui ont trait à son existence même. La
Commission fédérale du cinéma, principal bailleur de fonds, a menacé de
couper les vivres à un festival qui ne correspondrait plus à ses critères.
Ce qui a provoqué un tollé de protestations des participants. Ces derniers
ont immédiatement envoyé une résolution à Berne, pour que le gouvernement
suisse continue de soutenir le principal festival consacré exclusivement
aux films documentaires. (apic/ys/ba)
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