Le P. Charles Antoine, directeur de DIAL, interpelle la diplomatie vaticane

Situation politique en Haïti (201093)

Le Vatican «paie le prix de la reconnaissance officielle de l’illégitimité»

Paris, 20octobre(APIC) Les prises de positions se multiplient à propos de

la situation en Haïti, pour dénoncer l’attitude de la dictature militaire.

Le Père Charles Antoine, directeur du bulletin DIAL (Diffusion de l’information sur l’Amérique latine) à Paris, vient pour sa part d’interpeller la

diplomatie vaticane qui, dit-il, paie le prix de «la reconnaissance officielle de l’illégitimité».

A l’heure où Haïti «s’enfonce désespérément dans le sang», le Père Charles Antoine met en cause les «attachés» (version locale des escadrons de la

mort), qu’encourage la prétendue impuissance de l’armée, général Cédras en

tête, face au «désordre macoute».

Tandis que les évêques d’Haïti, sauf un, se taisent «scandaleusement»,

le directeur de DIAL s’interroge sur l’attitude du Saint-Siège. «La diplomatie vaticane, dit-il, paie le prix de sa reconnaissance officielle de

l’illégitimité: le Saint-Siège n’a-t-il pas été le seul Etat au monde à accréditer son ambassadeur auprès du gouvernement issu du coup d’Etat?»

Le Père Charles Antoine rappelle le cri du pape lors de son passage en

Haïti, en 1983: «Il faut que les choses changent ici!». Il constate que,

alors que les choses n’ont fait qu’empirer depuis, «le pape n’y est pas retourné. Il était pourtant l’an dernier à Saint-Domingue, capitale de la République voisine, à une demie-heure d’avion à peine, et en août dernier sur

l’île voisine de la Jamaïque». «Le pays serait-il donc pestiféré?», demande-t-il.

Autre interpellation du directeur de DIAL: «Dans sa toute récente encyclique sur la morale, «Veritatis splendor», Jean Paul II insiste sur les

«actes intrinsèquement mauvais» (nn. 80 et 115). Il parle aussi des «formes

graves d’injustice sociale et économique ou de corruption politique dont

sont victimes des peuples et des nations entiers» (n. 98). Pourquoi la

hiérarchie catholique n’applique-t-elle pas ces principes à la réalité concrète d’Haïti? Si elle ne le fait pas, devons-nous comprendre que l’obstacle majeur est le président Aristide parce que prêtre? Si par malheur tel

était le cas, nous ne pourrions, vu le tragique de la situation, qu’en être

atterrés». (apic/cip/pr)

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