Jean Paul II exhorte à la réconciliation

Rome: Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe (301193)

Rome, 30novembre(APIC) « La haine n’est jamais définitive entre les nations… La volonté politique, l’intelligence de l’histoire, la générosité

de coeur permettent d’entreprendre en commun de grands projets de coopération et de développement. » Telle est la conviction exprimée par le pape Jean Paul II en recevant mardi à Rome les ministres des Affaires étrangères

des pays membres de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe (CSCE) (dont le Conseiller fédéral Flavio Cotti). Le pape qui a fait

une longue allusion au drame yougoslave a prononcé un fervent plaidoyer en

faveur de la réconciliation.

Jean Paul II a dit voir dans la CSCE « le cadre naturel de la réalisation

d’une large communauté de nations ouvertes aux autres continents et en particulier aux pays du pourtour méditeranéen ». La nouvelle Europe voulue par

la Charte de Paris en 1990, a-t-il ajouté, « n’est pas l’annexion d’une partie du continent par l’autre, ni la substitution de la confrontation idéologique par une confrontation économique . »

L’expérience récente montre que c’est en mettant la dignité des personnes et des peuples au centre de ses préoccupations que l’Europe peut contribuer à l’élimination des différents totalitarismes qui ont défiguré son

visage durant trop d’années, a souligné Jean Paul II. Après avoir rappelé

qu’ »on ne peut affirmer sa souveraineté ou revendiquer ses droits en piétinant ceux de ses frères », le pape a reconnu son désarroi face à la situation de l’ex-Yougoslavie. « On avait pensé ne plus jamais revoir la guerre

sur le sol européen. Qui pouvait prédire que des prétentions racistes et

des nationalismes iniques feraient de nouveau résonner leurs slogans sur ce

continent? Que dire de l’atroce spectacle de villages entiers rasés, de

leurs populations sauvagement maltraitées ou déportées? Cela rappelle durement un passé qui a avili l’histoire des hommes. Pourtant cela se produit à

peu de kilomètres d’ici. Tout le monde le sait. Tout le monde le voit. »

Le pape a invité la Conférence à exprimer son jugement politique et moral sur la crise yougoslave pour obliger l’ensemble des Etats « à prendre

conscience qu’ils sont directement concernés lorsque les droits fondamentaux d’une personne ou d’un peuple sont en jeu. » Jean Paul II voit cependant des raisons d’espérer: « En Bosnie-Herzégovine, comme en Serbie et en

Croatie, il existe des femmes et des hommes de paix. On ne leur laisse pas

assez la parole… Donnons-leur la chance de s’exprimer dans les dialogues

et la négociation. »

« La haine n’est jamais définitive entre les nations », a conclu le pape.

Des pays autrefois ennemis travaillent aujourd’hui ensemble. Jean Paul II

recommande cependant de prendre en considération la renaissance de nations

qui durant de longues années ont été empêchée de vivre et d’exprimer leur

identité. Mais il faut éviter « qu’à une société de nations unies par la

peur ne succède une société divisée par les particularismes. » Il convient

de reconnaître les aspirations légitimes des personnes et de peuples à la

liberté. Mais il est urgent que tous prennent conscience de leurs devoirs

autant que de leurs droits et qu’ils donnent la priorité à la solidarité.

(apic/sv/mp)

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