Belgique: science et critères éthiques (291193)
Bruxelles, 29novembre(APIC) La science et l’éthique, la manipulation de
la vie humaine, les techniques nouvelles et partant la recherche soulèvent
nombre de questions. Les conférences et les réflexions sur ces sujets abondent et redoublent depuis que des chercheurs de l’Université George Washington ont expérimenté avec succès une série d’expériences de clonage pour
obtenir des embryons jumeaux identiques. Le colloque organisé récemment à
Bruxelles sur « la manipulation de la vie humaine » et auquel a pris part le
cardinal Godfried Danneels, n’a pas manqué d’aborder le problème et de cerner les dangers.
« Il faut que l’Eglise et la science parviennent à se donner la main afin
d’établir des critères qui garantissent le bonheur de l’homme. On ne peut
laisser ce soin au seul législateur », a déclaré l’archevêque de MalinesBruxelles. Pour lui, il est primordial que ces critères passent dans la
conscience collective d’une société donnée pour qu’en surgissent une sorte
de « réveil éthique » et que la société perçoive elle-même où elle en est.
La science, l’Eglise et toutes les instances morales « se doivent, en
d’autres termes, d’amener la conscience de la société à la hauteur de la
science des responsables. C’est une grande oeuvre dans laquelle toutes les
conceptions du monde ont leur rôle à jouer ».
« C’est le bonheur de l’homme qui est en jeu », a insisté le cardinal. Or,
a-t-il constaté, la science se pose aujourd’hui des questions qu’elle ne
peut résoudre sur la base de ses propres présupposés. Mgr Danneels a plaidé
pour un dialogue renouvelé entre l’Eglise et la science. Cela suppose « que
l’Eglise s’informe soigneusement auprès des savants, qu’elle tienne compte
de leurs points de vue et soit spécialement attentive aux critères éthiques.
Les nombreuses questions éthiques que soulèvent les sciences positives
laissent entendre, selon le cardinal Danneels, qu’elles ont gardé la « no
stalgie » d’un horizon qui dépasse leur domaine. La science et la technique
sont certes l’expression de la domination de l’homme sur la création. Mais
elles ne peuvent par elles-mêmes déterminer le sens de cette domination ni
les principes du progrès humain. Leurs discussions internes exigent une
« moralité », précisément parce qu’elles entendent servir la cause de l’homme. Le développement de la pensée positive, a-t-il dit, implique de l’intérieur quelque chose qui la dépasse et que Jean Paul II a présenté comme
« une sagesse pour humaniser et découvrir ».
Et le cardinal d’attirer l’attention sur le danger que court la science
de « réduire » le corps humain à un objet et de mettre ainsi en péril l’unité
même de l’être humain. « L’homme n’est pas qu’un ensemble de fonctions et de
tissus, c’est toujours une réalité signifiante ». (apic/cip/pr)
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