Pologne: Après la victoire électorale de la gauche, (231193)
Apprendre à parler à l’homme moderne
Varsovie, 23novembre(APIC) Dans la période qui a suivi la chute du communisme, l’Eglise catholique polonaise a commis des erreurs et fait des fautes, admet le cardinal Jozef Glemp dans une interview accordée à l’hebdomadaire allemand « Die Zeit ». Pour le primat de Pologne, le succès électoral
de la gauche laïque, lors des dernières élections parlementaires en septembre dernier, a une profonde signification: « C’est un avertissement de Dieu »
à l’Eglise. Pour qu’elle analyse le passé et planifie le futur d’une manière plus critique.
Quand on l’interroge pour savoir si les évêques et le clergé se sont
trop mêlés de politique, le cardinal Glemp répond: « Peut-être pas assez! »:
« On aurait dû s’efforcer de créer une plate-forme pour tous ceux qui se reconnaissent non seulement dans les valeurs chrétiennes, mais en général
aussi dans des valeurs solides et durables ». En Pologne, ajoute le cardinal, nous n’avons pas de bonnes conditions pour créer une démocratie chrétienne sur le modèle occidental.
Le nouveau rôle de l’Eglise
L’Eglise manque encore d’une statégie pour former consciemment des laïcs
chrétiens qui s’engagent en politique, a dit encore Mgr Glemp au journaliste Hansjakob Stehle, un vaticaniste chevronné. L’Eglise doit d’abord s’habituer à son nouveau rôle. Au temps du communisme, elle était la seule institution à pouvoir parler presque librement. Maintenant, en ce temps de démocratie, qui montre aussi des tendances anti-chrétiennes et sécularistes,
l’Eglise se trouve face un sérieux problème: elle n’a pas tout de suite
compris comment s’adresser aux hommes modernes qui cherchent une orientation pour leur comportement.
Le cardinal admet que l’Eglise a peut-être été trop rigide et trop sévère, peut-être parce qu’elle n’a pas compris que beaucoup de ceux qui cherchent sont très croyants, même s’ils ne suivent pas toutes les règles de
l’Eglise. « Il s’agit de développer le dialogue. Nous devons nous parler
davantage les uns les autres ».
A la question posée: « Pensez-vous que l’Eglise est responsable du nouveau anti-cléricalisme qui existe actuellement en Pologne? », Mgr Glemp reste quelque peu évasif: « L’anticléricalisme qui existe maintenant, après les
élections, s’exprime beaucoup moins véhémentement que durant la campagne
électorale. Oui, je suis surpris, comme on s’est calmé! ». En Pologne, l’anticléricalisme n’est pas toujours bien accepté. Cependant il est vrai que
le sécularisme progresse, ajoute-il.
La religion et la liberté
Selon le cardinal, l’Eglise doit justifier sa cause et se défendre comme
au temps de Napoléon. « Mais je ne veux pas cependant peindre le diable sur
la muraille ». La religion est liée à la liberté. Elle veut être acceptée
par des hommes libres. C’est une exigence abolue.
Au sujet des relations entre l’Eglise et l’Etat, Mgr Glemp refuse le mot
« séparation ». Le mot séparation, pour lui, est un concept léniniste qui a
toujours cours dans son pays parce que tous les juristes de Pologne l’ont
appris dans les Universités. Le cardinal de Varsovie préfère les expressions « autonomie » et « travail en commun ». Elles devraient figurer dans le
futur concordat – pas encore ratifié – entre le gouvernement polonais et le
Vatican. (apic/kpr/ba)
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