Denier de Saint-Pierre: le Saint-Siège joue la transparence

Le Saint-Siège a pour la première fois publié, le 16 juin 2022, la façon dont les dons relatifs au Denier de Saint-Pierre sont utilisés, ainsi qu’un éclairage sur leur origine. Les chiffres révèlent une baisse générale des recettes.

En 2021, le Denier de Saint-Pierre a permis de récolter 46,9 millions d’euros et affiche un déficit de 18,4 millions d’euros, relève le Saint-Siège. En termes de recettes, l’année 2021 signe un léger redressement après une année 2020 très mauvaise en raison de la pandémie (44,1 millions d’euros). Cela reste cependant loin des 69,7 millions d’euros perçus en 2015.

Le Denier de Saint-Pierre est le nom donné au soutien financier offert par les fidèles au pape pour l’aider à «répondre aux besoins de l’Église universelle et aider les plus démunis», rappelle le communiqué du Saint-Siège.

30% des dons viennent des États-Unis

Le Saint-Siège indique que 65,3% des dons viennent directement des diocèses, suivi à 22% des fondations et pour 9% directement des fidèles (4 millions d’euros). Viennent enfin les dons des ordres religieux qui représentent 3,7% de l’ensemble des donations.

On en sait plus aussi sur l’origine des dons venant des diocèses: ils proviennent très majoritairement des États-Unis (29,3% de l’ensemble des dons, soit 13 millions d’euros). Les diocèses américains sont suivis par ceux d’Italie (11,3%, soit 5 millions d’euros) et d’Allemagne (5%, 2,3 millions d’euros).

Parmi les grands pays contributeurs, on retrouve ensuite la Corée du Sud (1,4 million d’euros, 3,2%), suivie de la France (1,2 million d’euros, 2,7%). L’Espagne et le Brésil représentent chacun 2% des dons. Viennent ensuite l’Irlande, la République tchèque et le Canada avec des dons inférieurs à 1 million d’euros. Ces 10 pays représentent à eux seuls 59,7% des recettes du Denier.

9,8 millions pour financer des projets partout dans le monde

Pour faire face aux dépenses – 65,3 millions d’euros en 2021 – 18,4 millions d’euros ont été ponctionnés sur le patrimoine existant du Denier de Saint-Pierre. Les sommes ont ensuite été employées pour 55,5 millions d’euros à «aider la mission apostolique» et pour 9,8 millions d’euros pour des projets d’assistance directe.

Sur ces 9,8 millions, 40% des projets financés étaient africains, 22% américains, 24% asiatiques et 12% européens. Près de la moitié des projets étaient d’ordre sociaux – par exemple la construction d’infrastructures éducatives ou d’une initiative contre l’exploitation sexuelle. Un tiers était voué à financer la présence des «Églises dans le besoin» – par exemple la construction de dortoirs en Indonésie et au Soudan du Sud. Et enfin un cinquième à la préservation et l’expansion de la présence des églises – la rénovation d’un monastère en Équateur ou la construction d’une cathédrale au Portugal.

Concernant les 55,5 millions d’euros, ils contribuent à 23% de l’ensemble des dépenses du Saint-Siège en 2021 (237 millions d’euros). La somme est répartie équitablement entre ses différentes missions – soutien des Églises particulières, financement de la communication et du culte, entretien des nonciatures et du patrimoine historique, etc.

Une réputation à reconstruire

Cet effort de transparence du Saint-Siège vise à réparer une réputation entachée, le nom du Denier de Saint-Pierre apparaissant dans plusieurs scandales financiers. Le dernier en date, celui de l’affaire de l’immeuble de Londres, est actuellement examiné par la justice vaticane. Cependant, les actuels hauts responsables de l’économie du Saint-Siège ont récemment assuré que les pertes imputées à cette affaire ont été compensées de façon à ce que les dons servent bien la mission du pontife.

L’affaire de l’immeuble de Londres semble avoir eu le mérite de révéler la grande opacité qui entourait la gestion du Denier. Longtemps placé sous la coupe de la Secrétairerie d’État, le fonds Obolus – qui gère les dons du Denier de Saint-Pierre – a d’ailleurs été transféré par le pape François à l’Administration du patrimoine du Siège apostolique (APSA) en décembre 2020. En outre, depuis la promulgation de la nouvelle constitution apostolique Praedicate Evangelium, le Secrétariat pour l’économie a désormais un droit de contrôle sur le fonds, dont la gestion financière a été confiée à l’Institut pour les Œuvres de Religion, désormais seule banque du Vatican. Des décisions qui devraient permettre un meilleur contrôle et une plus grande transparence. (cath.ch/imedia/cd/rz)

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