Mali: lettre pastorale des sept évêques maliens (151193)
Bamako, 15novembre(APIC) Sous le titre «Des chemins pour un monde nouveau», la Conférence épiscopale du Mali (CEM). vient de publier une lettre
pastorale dont le thème tourne autour de l’action sociale de l’Eglise catholique au Mali. Le document de 40 pages propose trois chapitres et surtout
une invitation: «Africains, nous sommes et devons être les premiers responsables de notre développement».
«Quel chemin a-t-on parcouru? Des consensus sont-ils acquis en matière
sociale? Quelles orientations prendre demain pour être plus efficace pour
aider à soulager la misère?… sont autant de questions auxquelles tentent
de répondre les sept évêques du Mali. La lettre s’adresse à «chacun des
membres de l’Eglise», à toute personne qui entend travailler pour le développement de l’homme, et pas seulement à ceux qui exercent «une responsabilité dans la pastorale».
D’entrée de jeu, les prélats rappellent l’enseignement social de l’Eglise. Ils constatent, à propos du Mali, que «des activités sociales et variées se sont très tôt mises en place: l’éducation des enfants et des adolescents; les soins apportés aux malades et aux pauvres; l’aide d’urgence en
cas de famine; la promotion des femmes et des paysans; la recherche de
l’autopromotion»
Il s’agit, disent-ils, de participer pleinement à la construction de la
société. «Comme vocation, ç’en est une. Et de taille». D’où l’interpellation des évêques maliens: «Africains, nous sommes et devons être les premiers responsables de notre développement».
Développement… mais pas à n’importe quel prix
Développement? «Oui, mais pas à n’importe quel prix. Un certain nombre
de principes, bien observés, permettent de construire une société harmonieuse, équilibrée. Dans l’ordre cité par les prélats figurent, le respect
de la dignité de la personne, le bien commun et la solidarité, le principe
de subsidiarité» enfin. Et les évêques de préciser que ce principe signifie
que «chaque niveau de la société a sa propre pierre à apporter à l’édifice
social», que «chaque niveau doit avoir un espace, une autonomie propre,
pour pouvoir s’épanouir et donner sa pleine contribution à l’ensemble». Les
évêques souhaitent placer le dialogue entre Maliens sur la construction du
pays.
Le second chapitre du document brosse une analyse historique de l’action
sociale, en particulier lors des années de grandes sécheresses. Aujourd’hui, la réflexion s’articule autour de la santé, mais aussi sur la
promotion de la femme. Sur ce point, les évêques maliens notent: «Nous
croyons beaucoup à l’importance du travail en faveur des femmes… car
c’est de la participation plus responsable des femmes que dépendra le développement de nos villages et de nos quartiers». L’analphabétisme fait également l’objet d’une attention particulière.
S’investir davantage
Les souhaits et les propositions occupent la troisième et dernière partie de la lettre: «Que la pastorale sociale prenne un nouvel élan afin de
contribuer pleinement, avec son charisme propre, à l’avènement d’un Mali
nouveau». Les évêques émettent en outre des propositions afin que les différents groupes, au niveau des paroisses, des diocèses et des commissions,
puissent continuer à oeuvrer pour le bien-être de tous. «Ces efforts, disent-ils, sont inscrits dans l’identité chrétienne. Le responsable ne doit
pas être au dessus des autres mais au milieu d’eux». Il s’agit, concluentils, de s’investir davantage. (apic/ad/pr)
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