St-Maurice: «Femmes libres en Eglise» (141193)

France Quéré invite à dépasser les préjugés

St-Maurice, 14novembre(APIC) La théologienne protestante française France

Quéré et la Vaudoise vivant au Burkina Faso Josette Boegli ont été les hôtes de marque du week-end «Femmes libres en Eglise» organisé au foyer franciscain de St-Maurice. Cette rencontre à laquelle ont participé quelque 150

personnes, s’inscrivait dans le cadre de l’année Ste Claire et était placée

sous l’égide du mouvement franciscain laïc de Suisse romande.

Josette Boegli vit à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, depuis 1986.

Elle y a fondé la ’Maison du coeur’ qui permet à des enfants de la rue de

retrouver non seulement un logement, mais aussi une famille. La maison accueille en outre des femmes de l’ethnie dogon, venues du Mali pour être

bonnes à Ouagadougou. Avec une soixantaine de personnes la maison forme une

vraie communauté africaine de type traditionnel. Commerçante à Montreux,

Josette Boegli a décidé de partir après la mort d’un fils âgé de vingt ans.

«Je ne suis pas exceptionnelle, dit-elle aujourd’hui. Mon chemin de vie

passait par là.» Consciente d’avoir beaucoup reçu de ceux à qui elle a consacré sa vie, la Vaudoise veut seulement par son témoignage aider chacun à

être attentif aux plus pauvres.

Les femmes de l’Evangile

A travers les portraits de quelques femmes de l’Evangile, France Quéré a

réfuté la représentation «traditionnelle» de la femme sous les espèces de

la douleur, du péché et de la passivité. Elle a dégagé quatre catégories de

femmes: celles qui ne connaissant pas Jésus sont favorisés par lui, comme

la femme adultère; celles qui ont choisi de suivre Jésus comme Suzanne;

celles qui le supplient comme la Cananéenne; celles enfin qui sont «comme

l’objet ébloui de la révélation messianique».

Ces quatre catégories peuvent aussi être considérées comme quatre étapes

dans la connaissance de Jésus. La mise en valeur d’un aspect de la personne

du Christ; la découverte de sa proximité humaine; sa reconnaissance comme

Sauveur et la proclamation de la foi.

A propos de la place de la femme dans l’Eglise, la conférencière a démontré la pérennité du mythe de la faiblesse féminine, dont l’Eglise se

fait encore l’écho aujourd’hui. La femme est du côté de la nature et de la

vie, elle est faite pour enfanter, recevoir et transmettre. L’homme lui

part contre est du côté de la culture et de la maîtrise du monde. France

Quéré démonte les préjugés qui font de la femme un être incapable de créer,

une simple courroie de transmission, dans le maintien d’une nature immuable.

Les moeurs ont cependant beaucoup évolué. La femme est passée, entre

autres par le biais de l’accès à l’Université, des tâches d’intendance à

des postes à responsabilité. Une évolution semblable s’est faite dans

l’Eglise, a relevé France Quéré. Malgré le concept qui continue de voir

dans la nature la messagère de la volonté divine qui fonde la spécificité

des rôles.

Pour la conférencière, le refus du sacerdoce aux femmes n’est pas le refus de partager le pouvoir. Elle revendique l’extension de la responsabilité des femmes en fonction des charges qu’elles assument dans l’Eglise sans

nécessairement aller jusqu’au sacerdoce. «L’Eglise doit introduire dans sa

théologie la part féminine, la part réaliste, au lieu de se cacher derrière

des raisons souvent plus humiliantes que sa position», a conclu France Quéré. (apic/id/mp)

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