Vénézuéla: droits de l’homme bafoués (101193)
impunément et de pratiquer la torture sur les prisonniers
Berne, 10novembre(APIC) «Les droits de l’homme sont de plus en plus menacés au Vénézuela où les forces de sécurité ont répondu aux troubles sociaux
par la violence et le meurtre», déclare Amnesty International (AI) dans un
communiqué publié mercredi.
La torture et les mauvais traitements sont devenus monnaie courante, le
système judiciaire est entaché d’irrégularités, et chose plus grave, dès
que les tensions politiques provoquent des troubles dans le pays, les forces de sécurité ouvrent le feu. Elles tuent apparemment en toute impunité,
sachant bien qu’elles n’auront pas à payer le prix du sang qu’elles font
couler, affirme l’organisation internationale. Le nombre d’homicides a
fortement augmenté pendant les importantes vagues de manifestations organisées contre le gouvernement. On compte aussi parmi les victimes de nombreuses personnes étrangères à ces mouvements d’opposition.
Les étudiants sont plus particulièrement visés au Vénézuéla, poursuit
AI. Avec eux, d’autres militants d’organisations politiques ou populaires.
Nul n’est cependant à l’abri de la torture et des mauvais traitements. Les
enfants et les handicapés sont églament touchés: en janvier 1993, un petit
garçon de trois ans, arrêté en même temps que son père, a été battu; en
juillet, des aveugles qui avaient organisé une manifestation pacifique ont
été également frappés et six d’entre eux grièvement blessés par des balles
en plastique.
La pratique de la torture
La torture est une pratique très répandue, entrainant parfois la mort.
Elle est souvent utilisée contre les couches les plus pauvres et les plus
vulnérables de la population afin d’intimider les suspects et les faire
avouer. Les méthodes sont simples et efficaces. Les bourreaux visent à faire souffrir le plus possible leurs victimes tout en laissant le minimum de
traces: coups sur les oreilles, quasi-asphyxie à l’aide de sacs en plastique remplis de produits irritants comme l’ammoniaque ou immersion dans des
cuvettes de toilettes ou encore des décharges électriques. Les détenus peuvent être retenus pendant huit jours avant d’être présentés au juge et la
police enfreint en permanence les garanties constitutionnelles en les maintenant en détention et au secret, ce qui empêche tout contact avec leurs
avocats et leurs proches.
AI a présenté une liste de plus de 70 recommandations visant à faire
respecter les droits de l’homme au Vénézuéla. Des élections devant avoir
lieu en décembre de cette année, l’organisation lance un appel à tous les
candidats à un poste politique pour qu’ils soutiennent ces recommandations.
(apic/com/ba)
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