Chassés par la guerre, la misère et la purification ethnique

Bosnie: L’archevêché de Sarajevo vidé de ses catholiques (081193)

Vienne, 8novembre(APIC) Alors que les combats se poursuivent entre Musulmans et Croates en Bosnie Centrale, la Bosnie – occupée à plus des deux

tiers par les Serbes – continue à se vider de sa population catholique. Sur

les quelque 500’000 catholiques que comptait avant la guerre l’archidiocèse

de Sarajevo-Vrhbosna, il n’en reste aujourd’hui que 144’000, soit bien

moins d’un tiers. Les autres ont été tués ou chassés par la guerre, la misère et la purification ethnique.

Mais le pire n’est pas encore arrivé, car «des purifications ethniques»

d’une ampleur inimaginable sont à craindre aussitôt que sera signé l’accord

de Genève sur la paix en Bosnie-Herzégovine, craint Mgr Mato Zovkic, vicaire général de Sarajevo.

De passage à Vienne, Mgr Zovkic a déclaré aux journalistes que l’on

s’attend à Sarajevo à ce que le gouvernement musulman bosniaque signe l’accord de Genève quand il aura conquis d’autres territoires. Pour lui, on ne

pourra plus alors empêcher la partition définitive de la Bosnie.

Aujourd’hui, sur 144 paroisses que compte l’archidiocèse, la pastorale

n’a pu être maintenue que dans le tiers d’entre elles. Dans la capitale Sarajevo, pour la population qui n’a pas pu ou pas voulu fuir, la vie quotidienne se résume à la simple survie. Depuis deux ans, la plupart des commerces ont fermé leurs portes. L’on ne peut acheter de la nourriture que

contre des marks allemands, le dinar bosniaque ayant cessé de servir de

monnaie d’échange.

Sur les 80 prêtres catholiques présents à Sarajevo avant la guerre,

moins d’une vingtaine sont restés dans la capitale bosniaque. «Ils célèbrent régulièrement la messe dans des églises pleines et nombreux sont ceux

qui, ayant fait carrière sous le régime communiste, veulent maintenant se

faire baptiser», relève le vicaire général. La foi, estime-t-il, est une

aide essentielle pour supporter psychiquement les terribles expériences de

la guerre. Quant à l’Eglise orthodoxe serbe, sur les sept prêtres dont elle

disposait dans la ville, un seul est resté: «Sa seule activité consiste à

enterrer les morts, il n’a plus de temps pour autre chose»…

Avec l’hiver qui s’approche, souligne le vicaire général – qui s’apprête

à rentrer à Sarajevo dès que la situation le lui permettra -, le ravitaillement de la population et le chauffage des appartements représentent les

problèmes les plus difficiles à résoudre. A propos de l’attentisme occidental et du monde entier, Mgr Mato Zovkic déplore qu’ils regardent sans rien

faire, ce qui rend la population bosniaque «déçue et amère». (apic/kpr/be)

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