Rome: le Saint-Siège avertit l’UNICEF (051193)
Rome, 5novembre(APIC) La Contribution que verse le Vatican à l’UNICEF
pourrait être remise en cause, a averti Mgr Renato Martino, observateur
permanent du Saint-Siège auprès des Nations Unies, en s’exprimant à la Conférence au cours de laquelle ont été annoncées les contributions pour le
développement. Si l’organisation de se conforme pas à son mandat originel,
a-t-il déclaré, les organisations catholiques et les individus pourraient
adopter la même attitude. Le document de l’UNICEF sur la planification familiale de 1993 est « en contradiction avec les fondements de la doctrine
morale catholique… »
Le Saint-Siège consacrera 2’500 dollars au développement agricole, 3’000
dollars à l’UNICEF et 2’000 autres au Fonds pour la Décennie des personnes
handicapées. Ces sommes « symboliques » viennent s’ajouter à la contribution
internationale de l’Eglise catholique à travers « son personnel et ses ressources » dans le domaine de l’assistance et « du développement intégral des
moins favorisés ou de ceux qui se trouvent en situation d’urgence ».
Même si, en signe d’appui, le Saint-Siège augmente sa contribution à
l’UNICEF de 2’000 à 3’000 dollars, le Vatican exige que cet argent soit affecté à des projets spécifiques, car le document de l’UNICEF sur la planification familiale de 1993 est « en contradiction avec les fondements de la
doctrine morale catholique et avec les convictions de beaucoup de personnes
de par le monde », explique le représentant du Saint-Siège.
Dans une note explicative confirmant cette décision, Mgr Martino évoque
aussi les moments d’une collaboration heureuse entre l’UNICEF et l’Eglise
catholique dans les programmes de vaccination, dans la signature en 1990 de
la Convention des droits de l’enfant et dans la participation, toujours en
1990, au Sommet sur les enfants, puis, dans le prolongement, de l’acceptation de la déclaration et du plan d’action approuvé à cette occasion.
Déjà à l’époque, a rappelé Mgr Martino, le Saint-Siège avait exprimé des
réserves claires sur le plan éthique. Sa note renchérit: « La position explicite du Saint-Siège est que cette participation accrue de l’UNICEF » dans
la planification familiale « en modifie le mandat originel, fait double emploi avec d’autres programmes des Nations Unies et empêche l’utilisation de
ressources, lesquelles sont pourtant limitées, pour le programme actuel essentiel de l’UNICEF. Et tout cela à un moment où les Nations Unies tentent
de contenir leur coût ».
C’est avec « un profond regret », poursuit la note, que « le Saint-Siège
s’est vu obligé » de demander que sa contribution soit affectée au programme
concernant « la nourriture pour la mère et l’enfant durant la période prénatale et de l’enfance, les vaccinations, les affections respiratoires aiguës, le contrôle de la diarrhée, l’allaitement au sein ».
Selon Mgr Martino, il est « probable que les organisations catholiques et
les individus feront de même ». Si bien que l’avenir de la collaboration des
catholiques « dépend de l’UNICEF ». (apic/sv/pr)
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