Ukraine: les Eglises orthodoxes dissidentes se donnent de nouveaux chefs

Kiev, 3novembre(APIC) Les deux branches dissidentes de l’Eglise orthodoxe

en Ukraine ont désigné chacune un nouveau primat. L’Eglise autocéphale

ukrainienne, de retour d’exil depuis 1989, a élu Mgr Dimitri Yarema comme

« patriarche de Kiev » pour succéder Mgr Mstyslav Skrypnik décédé en juin

dernier aux Etats-unis, à l’âge de 95 ans. De son côté, l’Eglise orthodoxe

unie, autoproclamée « patriarcat de Kiev » en 1992, a désigné à sa tête Mgr

Volodymir Romaniuk qui succède au métropolite Philarète Denisenko. La canonicité de ces deux Eglises dissidentes n’est reconnue par aucune autre

Eglise orthodoxe.

La troisième composante de l’Eglise orthodoxe en Ukraine, largement majoritaire et reconnue officiellement à l’extérieur, est l’Eglise orthodoxe

autonome dépendant du patriarcat de Moscou et dirigée par le métroplite

Vladimir de Kiev. L’Eglise autonome compte 5’500 paroisses, l’Eglise autocéphale aurait 800 paroisses et le « patriarcat de Kiev », qui bénéficie

d’appuis politiques solides, en aurait quelque 1’500.

Lors de son intronisation, Mgr Dimitri a déclaré ne pas vouloir rester

longtemps à la tête de l’Eglise autocéphale. »Dans un Etat indépendant, il

ne doit y avoir qu’une seule Eglise orthodoxe, unie et dirigée par celui

des évêques qui en est le plus digne. » Il a ajouté que la voie vers l’unification serait longue et difficile et a proposé la création d’une Commission tripartite afin de trouver une solution canonique menant à l’unité.

L’Eglise grecque-catholique pourrait aussi y être associée.

Le « patriarcat de Kiev » en choisissant comme nouveau primat Mgr Volodymir Romaniuk, un prêtre du patriarcat de Moscou emprisonné durant 16 ans

dans les camps soviétiques, a écarté la candidature trop compromettante de

l’ex-métropolite Philarète connu pour sa collaboration avec les communistes

et pour une vie personnelle non conforme à son statut d’évêque. La cérémonie d’intronisation a eu lieu le 24 octobre à la cathédrale Ste-Sophie de

Kiev, monument historique du XIe siècle, que les autorités civiles ont rouverte au culte pour la circonstance. Autorisation qui avait été refusée à

Mgr Dimitri.

De son côté le président Léonide Kravtchouk a adressé un appel à toutes

les Eglises orthodoxes à reconnaître le « partriarcat de Kiev ». Son représentant personnel, le vice-premier ministre Mikola Joulinski, s’est notamment rendu en octobre au Phanar à Istanbul, siège du patriarcat oecuménique

de Constantinople. (apic/sop/mp)

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