Optimiste, le cardinal Simonis tire le bilan d’»une année agitée»
Utrecht, 31décembre(APIC) La polarisation dans l’Eglise des Pays-Bas diminue. Elle fait place à la préoccupation commune de l’avenir de l’Eglise.
Des oppositions peuvent ainsi être surmontées, rendant possible un nouveau
départ, constate en cette fin d’année le cardinal Adrianus Johannes Simonis, archevêque d’Utrecht et président de la Conférence épiscopale des
Pays-Bas.
Le cardinal se réjouit notamment de la nomination comme évêque de Roermond et de Rotterdam de «deux hommes excellents», qui ont été «bien accueillis». Mais les départs inattendus de Mgr Gijsen et de Mgr Bär n’ont
pas été facile à digérer. «A cet égard, 1993 aura été, contre toute attente, une année agitée. Nous attendions le successeur de Mgr Ernst à Breda,
et ce sont de nouveaux évêques pour Roermond et Rotterdam qui sont arrivés».
Les démissions de Mgr Gijsen et de Mgr Bär ont été ressentis comme «des
chocs violents», comme «des affaires qui ont réclamé pas mal d’énergie et
qui ont détourné l’attention». Néanmoins, 1993 se termine «sans aucun doute
de façon positive».
A propos de la nouvelle commission de dialogue récemment mise en place
par les évêques néerlandais, Mgr Simonis se dit «très curieux» de voir
quelles recommandations elle fera. Cette commission ayant reçu pour mandat
de déterminer les conditions du dialogue et d’une meilleure communication
au sein de l’Eglise.
Crise des vocations
Concernant l’avenir, Mgr Simonis est préoccupé par la relève sacerdotale. Il précise tout de suite qu’il ne voit pas la solution de la crise actuelle dans la suppression du lien entre sacerdoce et célibat, pas plus que
dans l’admission des femmes au sacerdoce. «Les hommes sont toujours enclins
à se laisser tenter par la séduction d’une solution à court terme. Mais la
règle du célibat existe depuis environ neuf siècles. Chaque siècle a connu
une crise violente sur cette question». Aux yeux du cardinal, «une plus
grande unité et un consensus» sur cette question dans l’Eglise serait «terriblement bienvenus», car la division actuelle est «paralysante» pour toute
l’Eglise.
Ce qui déconcerte et inquiète le plus l’archevêque d’Utrecht est que
«pratiquement aucune jeune femme ne choisit plus la vie religieuse». Cela
vaut du reste pour l’ensemble de l’Europe occidentale, «à l’exception des
ordres stricts, contemplatifs», ce qui signifie que «les jeunes choisissent
la radicalité». (apic/cip/pr)
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