une reconnaisance mutuelle et une réconciliation

Accord Vatican/Israël: 15 points pour concrétiser (301293)

Des points de divergence subsistent

Jérusalem: une question pas réglée

Rome/Jérusalem, 30décembre(APIC) L’accord entre Israël et le Saint-Siège,

préalablement approuvé mercredi par le Vatican et signé jeudi à Jérusalem,

consacre une reconnaissance mutuelle des deux Etats et une réconciliation

qualifiée d’historique par les observateurs. L’accord est le premier acte

juridique passé entre les deux Etats. Il est constitué d’un préambule, de

15 articles et d’un protocole annexe marquant l’engagement des deux parties

à établir des relations diplomatiques.

Commentant le document signé entre les deux Etats, le porte-parole du

Vatican, Joaquin Navarro Valls, a évalué en ces termes l’accord de jeudi:

«une étape très importante dans l’engagement du Saint-Siège pour la tutelle

des droits et de la liberté de l’Eglise en Terre Sainte»; un apport à «la

volonté d’un dialogue meilleur, d’une amitié plus profonde et d’une collaboration grandissante entre les catholiques et les juifs d’Israël et du

monde entier».

Il y a aussi l’espoir, a-t-il dit au cours d’une conférence de presse,

que «cette initiative favorise les progrès de tout le processus de paix

dans le Proche-Orient», processus que le Vatican juge irréversible «en dépit de toutes les difficultés et de tous les obstacles». A tel point, que

du côté du Vatican, la ratification de l’accord suivra de toute façon,

quelle que soit la suite des pourparlers internationaux qui concernent la

région».

Parmi les intérêts communs, il y a «la lutte contre le racisme, y compris l’antisémitisme, le refus de la violence et la recherche d’une solution pacifique des conflits, l’élimination de l’intolérance religieuse et

la promotion de la compréhension réciproque entre peuples et Etats».

Jérusalem: question ouverte

L’accord vise à l’établissement de relations diplomatiques au sens plénier de l’expression, mais dès la signature, il y aura des échanges de représentants spéciaux, nonce et ambassadeur extraordinaire, en attendant la

ratification du traité. Ces derniers seront désignés sans retard. Il convient de relever que si, du côté du Vatican, la ratification est immédiate,

aucune instance intermédiaire ne devant intervenir, il faudra attendre,

pour Israël, que cette ratification soit entérinée par le gouvernement et

le parlement. Le gouvernement israélien déposera en effet sur le bureau de

la Knesset le texte en hébreu. Un débat aura lieu si des parlementaires le

désirent dans les quinze jours qui suivent.

En même temps, J. Navarro Valls a rappelé que la plupart des pays n’ont

pas déplacé leurs ambassadeurs à Jérusalem comme l’aurait souhaité Israël,

et que la question de cette ville sur ce point reste toujours ouverte, même

dans l’opinon publique internationale.

La déclaration vaticane fournit des explications sur d’autres points. Le

Saint-Siège se tient à l’écart des conflits proprement territoriaux, quitte

à «émettre un jugement sur leur dimension morale». S’agissant des répercussions de l’accord sur les autres communautés chrétiennes de la région, la

déclaration vaticane souligne deux points: le Saint-Siège «n’a pas voulu

donner la moindre impression qu’il négociait aussi au nom des autres chrétiens»; «les responsables des comunautés chrétiennes non catholiques ont

été renseignés immédiatement sur la mise en place de la commission bilatérale et ils ont réagi positivement».

Le porte-parole du Vatican a en outre indiqué que les pays musulmans représentés au Vatican ont été mis au courant de l’initiative lors d’une rencontre d’information, le 29 juillet dernier, et que leurs réactions ont été

«positives sans exception». J. Navarro Valls a également annoncé que Mgr

Celli rencontrera vendredi à Jérusalem des représentants désignés de l’OLP,

«ce qui est un signe de l’ouverture constante du Saint-Siège à la réalité

palestinienne qui est en passe d’être institutionnalisée».

Jérusalem et les Lieux saints

La déclaration du Vatican s’étend aussi sur Jérusalem et les autres

Lieux saints pour souligner qu’ils «ne sont pas mentionnés explicitement

par l’accord», car ils ont une dimension internationale et multilatérale

qui dépasse forcément le cadre d’une entente bilatérale.

S’il est satisfait des changements survenus au lendemain de la Conférence de Madrid, des négociations de Washington et de l’accord entre Israël et

l’OLP, le Vatican «souligne le devoir et le droit de continuer à réclamer,

comme toujours, des garanties d’ordre international», notamment un «statut

spécial» pour «la tutelle des valeurs religieuses et culturelles suprêmes

de la région».

Les détails de cette requête se trouvaient déjà dans le discours prononcé par Paul VI à la curie romaine le 22 décembre 1967: la liberté de culte,

le respect, la conservation et l’accès des Lieux saints des trois religions

monothéistes, avec une référence explicite à la physionomie historique et

religieuse de Jérusalem; les droits religieux et civils concernant «les

personnes, les établissements et les activités des communautés de la région».

La déclaration vaticane signale enfin que le Saint-Siège s’attend à ce

que ses propres positions soient comprises par la communauté internationale

et il souhaite que d’autres pays de la région «perfectionnent leurs relations» avec l’Eglise catholique». Le Saint-Siège a rappelé à ce sujet que

des négociations semblables avec la Jordanie «vont bon train».

Accord en 15 points

Quant à l’accord proprement dit, il règle en 15 points un certain nombre

de problèmes. L’Etat d’Israël reconnaît la liberté de religion et la liberté de conscience comme entendu dans la Déclaration universelle des droits

de l’homme. L’Eglise catholique aura de son côté le droit de satisfaire ses

fonctions religieuses, morales, éducatives et caritatives. La liberté de

culte catholique et le respect des lieux saints seront garantis.

Concernant la personnalité légale catholique s’agissant du droit canonique, le Saint-Siège et Israël négocieront pour lui donner plein effet dans

la loi israélienne.

L’Eglise catholique s’engage à combattre toutes les formes d’antisémitisme, à promouvoir les pèlerinages en Terre Sainte, à l’instar de l’Etat

israélien du reste, et à entretenir des échanges culturels avec Israël.

Après la signature de l’accord fondamental, des sous-commissions commenceront immédiatement à étudier les aspects fiscaux et légaux dans le cadre

juridique.

La nonciature à Jaffa

Le traité demeure le cadre dans lequel seront conclues des ententes successives qui en définiront les domaines d’application. La nonciature s’établira à Jaffa, près de Tel Aviv, mais le nonce sera en même temps délégué

apostolique en Jordanie et à Jérusalem. Façon élégante, dit-on, d’éluder la

question de la résidence du nonce à Jérusalem.

Les institutions religieuses catholiques identifiées comme telles sur le

territoire contrôlé par Israël sont au nombre de 278, réparties ainsi: 122

en Israël, 77 à Jérusalem et 79 dans les territoires occupés. (apic/sv/pr)

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