Oecuménisme en Inde (281293)
Rome, 28décembre(APIC) Le Vatican vient de rendre compte, non sans retard, de la poursuite du dialogue oecuménique en Inde entre les catholiques
orientaux et les orthodoxes. Ce dialogue a fait l’objet de deux rencontres
organisées du 15 au 19 novembre dernier dans l’Etat du Kerala, par une Commission catholique présidée par Mgr Pierre Duprey, venu spécialement de Rome.
La première des deux rencontres s’est déroulée du 15 au 18 novembre à
Kotayam, dans le sud du pays. Elle a réuni des représentants catholiques et
des membres de l’Eglise orthodoxe syro-malankar. Les échanges ont surtout
porté sur le rôle de l’évêque comme garant de l’unité de l’Eglise.
Les participants consacreront leur future rencontre à l’étude de la notion de « koïnonia » chère aux premiers chrétiens, c’est-à-dire la « communion » ecclésiale. Ils élargiront leur étude doctrinale aux aspects concrets
de la vie ecclésiale aujourd’hui: quel pourrait être le témoignage commun
des chrétiens en Inde? La question concerne de multiples aspects de la vie
ecclésiale. Un exemple est celui des mariages mixtes, pour lesquels un document a été soumis aux participants de la rencontre de Kotayam.
Lors de cette même rencontre, on a évoqué un événement du passé aux conséquences historiques importantes: le Concile de Diamper (1599). La seconde
rencontre s’est tenue près d’Ernaculam, dans le même Etat du Kerala. On y a
mis au point un texte d’accord sur les mariages mixtes, ainsi que des directives pastorales en ce domaine pour le clergé et les fidèles.
Une conférence sur la fonction et le rôle de l’évêque au niveau local et
régional a servi de préparation au thème de la prochaine rencontre en 1994,
qui sera consacrée à l’étude de l’Eglise comme « communion ». Les participants ont convenu d’aborder, sous cet angle, les enjeux d’un Concile et
d’un Synode des évêques dans l’Eglise, et même le caractère conciliaire et
synodal de l’Eglise.
Dépasser les divergences historiques
Toutes les Eglises orientales de l’Inde du Sud, catholique, orthodoxe et
protestante dérivent d’une seule Eglise, fondée probablement vers le VIIe
siècle par des missionnaires « nestoriens ». Ce qualificatif, tiré du nom de
l’évêque Nestorius condamné par le Concile d’Ephèse en 431, s’applique habituellement aux chrétiens qui n’ont pas suivi ce Concile dans sa manière
de présenter la nature humaine et divine de Jésus. Les divergences de vue
qui se sont développées entre les chrétiens à l’époque s’enracinaient pour
une bonne part des conceptions philosophiques et des contextes politiques
difficilement conciliables.
Un des enjeux des dialogues oecuméniques d’aujourd’hui est de pouvoir
dépasser ces divergences historiques en retrouvant ce qui fait plus fondamentalement la communion entre les chrétiens. En Inde, du reste, les colonisateurs portugais au XVe siècle imposèrent une latinisation forcée qui
fut à l’origine de plusieurs schismes successifs. D’où la situation actuelle: à côté des deux Eglises catholiques orientales de culture syro-malabar
ou syro-malankar, il y a aujourd’hui une communauté anglicane et plusieurs
Eglises orthodoxes. (apic/sv/pr)
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