Brésil: Fédération latino-américaine des familles (161293)
Les gouvernements actuels rechignent à rouvrir le dossier des disparus.
Sao Paulo, 15décembre(APIC) La majorité des dictatures sont tombées en
Amérique latine, mais la situation économique ne s’est pas améliorée pour
autant dans les «régimes démocratiques». L’injustice sociale et les salaires misérables d’une bonne partie de la population sont une cause persistante de maladie et de mort pour beaucoup de personnes et spécialement des
enfants en bas-âge. Cette réalité est une des conclusions du 12e Congrès de
la Fédération latino-américaine d’associations des familles de prisonniers
ou de disparus (FEDEFAM) qui vient de s’achever à Sao Paulo au Brésil. 160
personnes venues de 16 pays y ont participé.
Dans une résolution finale, les participants ont dénoncé les gouvernements actuels d’Amérique latine qui ne font presque rien pour éclaicir le
sort des personnes disparues durant les dictatures militaires.
Violence contre les enfants
Selon Joao Benedito de Azevedo Marques, membre de la commission des
droits de l’homme de l’Ordre des avocats au Brésil, les dictatures militaires ou civiles sont remplies d’épisodes tragiques, de «véritables chemins
de croix» où les droits des enfants ont été bafoués. Cette situation lamentable se poursuit de nos jours. Selon les chiffres publiés par l’UNICEF,
247’000 enfants de 0 à 5 ans sont morts au Brésil en 1991. Près de 53% des
enfants et des adolescents font partie de familles qui n’ont que la moitié
d’un salaire minimum pour vivre, soit autour de 15’000 cruzeiros par mois,
(environ 100 francs suisses).
Le Père Julio Lancelotti, animateur de la pastorale auprès des enfants
mineurs dans l’archidiocèse de Sao Paulo, a dénoncé la disparition d’enfants brésiliens, voire «leur exportation» à l’extérieur du pays. Il a rappelé que chaque jour à Sao Paulo des enfants et des adolescents sont torturés. Des jeunes filles reçoivent des chocs électriques aux seins et dans
les organes génitaux. Ce fait est connu par les autorités qui laissent faire car elles n’ont aucun pouvoir sur les forces de la police qui peuvent
agir impunément comme bon leur semble. La torture est également pratiquée
régulièrement dans les pavillons de la «Fondation pour le bien-être du mineur» où l’on recueille les adolescents délinquants. L’une des tortures habituelles est celle de «refresco» qui consiste à rester longtemps assis sur
le sol avec la tête entre les jambes et les oreilles fortement compressées.
En se relevant l’adolescent retombe à terre, évanoui.
Les adoptions précipitées
Pour le Père Lancelotti, l’adoption d’enfants brésiliens par des couples
d’autres pays – spécialement des Etats-Unis ou de pays européens – est une
mesure légale, mais ne devrait être admise qu’en dernier recours. Il admet
que l’amour n’a pas de frontières, mais rappelle la grave responsabilité de
soustraire un enfant à sa culture et à sa communauté. Il y a parfois un
manque d’éthique de la part de certains juges qui encouragent des mères
brésiliennes à donner leur enfant pour une adoption. Julio Lancelotti a affirmé qu’un juge de Sao Paulo présente un album de photographies de maisons
de Suisse ou de France à des mères pauvres en leur disant: «Regarde où ton
fils va habiter. Là-bas ton fils sera riche. Si tu aimes ton enfant, tu
peux signer ce papier». C’est ainsi que des mères signent des papiers légalement irréprochables, mais d’une manière précipitée et irréfléchie, quitte
à s’en repentir parfois par la suite. Mais il est alors trop tard. Le Père
a rappelé que «les pays riches, en accord avec les politiques économiques
néo-libérales, exploitent injustement nos pays d’Amérique latine et ensuite
vienn ent encore adopter nos enfants».(apic/em/ba)
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