Le drame de l’enfance de Marie-Joëlle est aussi celui de milliers voire
de femme. La poisse qui colle aux basques, le difficile engrenage des revers qui mènent à la chute, les mochetés quotidiennes, la table sans pain,
les mains sans travail, la maladie…, la drogue pour de trop nombreuses
personnes, la marginalisation. L’histoire de Marie-Joëlle est aussi sans
doute celle d’une légions de femmes et d’hommes que l’on croise dans la rue
souvent sans les apercevoir. Portrait d’une détresse annoncée, puis d’une
« résurrection » née de la volonté de s’en sortir. De sortir du trou après la
découverte, un jour, que la foi retrouvée peut parfois faire des miracles.
Française d’origine née en 1947 près d’Annecy, Marie-Joëlle à deux ans
lorsque sa mère se sépare de son père. La famille, qui vit à Genève, se
disloque bientôt. Avec son frère et sa soeur, Marie-Joëlle est brinquebalée
d’une pension à l’autre, d’une famille à une connaissance, d’un lieu de
fortune à un domicile sans vrai foyer, séparée du frère, loin de la frangine. Le manège du non retour continue. Jusqu’à l’âge de 10 ans. Sa mère
alors remariée décide de la reprendre.
A l’amerume d’un foyer brisé, à la tristesse d’une rupture brutale avec
un père, vient bientôt s’ajouter la frustration d’une affection maternelle
refusée. Pire, les repproches pleuvent sur la gamine « coupable de par trop
ressembler à son père ». Pire? Joëlle ne se doutait pas qu’elle était encore
loin du compte des désillusions et des lâchetés. De l’horreur. Son beau père abuse sexuellement de la fillette et de sa soeur. Le mutisme, la peur…
Le manège durera 9 ans.
Marie-Joëlle à alors 19 ans. L’écoeurement n’empêche pas les rêves de
l’adolescente. Qui prennent on s’en doute la forme du prince charmant,
qu’elle croit rencontrer avec un gosse de 19 ans. Le mariage la même année,
avec le prétexte, car tous deux sont mineurs, d’être enceinte, puis la
naissance d’une fille avec deux mois de retard par rapport à l’annonce faite aux parents. Son désir était de fonder un foyer et d’avoir une vraie vie
de famille. La désillusion. La réalité détruit tantôt le rêve: 16 mois
après les deux gosses divorcent.
La jeune mère n’en continue pas moins à croire que tout peut changer.
C’est qu’elle a plus d’une corde à son arc, Marie-Joëlle, avec son diplôme
de vendeuse qu’elle exerce en gravissant les échelons, avec le certificat
d’aide coiffeuse, qu’elle obtient ensuite, ou encore plus tard avec le job
de dactylo-réceptionniste. La thérapie par le travail, en cherchant à oublier le mal subi en refermant ses blessures enfouies en elle. Quelques
nouveaux revers comme autant de nouveaux rêves brisés. La réalité plus cruelle pour les uns que pour les autres. L’Euope vit alors sa « révolution
hyppie ». Et Genève n’y échappe pas. Une « aubaine » pour l’encore jeune Marie-Joëlle, qui s’y précipite. En même temps qu’elle plonge dans
l’infernale spirale de la drogue.
Un « joint de H », du LSD ensuite… et le classique engrenage de l’anphétamine, des chanpignons hallucinogènes, de l’opium… L’alcool et les somnifères, les médicaments puis la première piqûre de morphine. Jusqu’à la
seconde et ainsi de suite. Entre deux jobs à la sauvette, entre une « faune »
que la drogue a déjà marquée, Marie-Joëlle ne tarde pas à reccueillir dans
l’apparte qu’elle a trouvé un paumé…
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