Message du pape Jean Paul II pour la Journée mondiale de la paix (141293)

«De la famille naît la paix de la famille humaine»

Rome, 14décembre(APIC) Dans son traditionnel message pour la Journée mondiale de la paix, célébrée chaque année le 1er janvier, le pape Jean Paul

II a fait appel mardi à la famille, «protagoniste actif de la paix». Dans

sa lettre d’une dizaine de pages intitulée «De la famille naît la paix de

la famille humaine», le pape souligne que l’institution familiale authentique, «noyau premier de la société», a droit à tout le soutien de l’Etat

pour remplir entièrement sa mission.

Reconnaissant que la paix peut sembler un but impossible à atteindre,

dans un monde marqué par les guerres, la violence, les situations d’instabilité sociale et de pauvreté endémique, «dans un climat rendu glacial par

l’indifférence et parfois empoisonné par la haine», le pape incite pourtant

les gens à ne pas se résigner. «Nous savons que la paix est possible, parce

qu’elle est inscrite dès l’origine dans le plan de Dieu».

C’est tout naturellement que le pape a fait coïncider le thème de son

message pour la 27e Journée mondiale de la paix avec celui de l’Année Internationale de la Famille, que l’ONU a décidée pour 1994. Jean Paul II déplore que la famille, contrairement à sa vocation première de paix, devienne dans bien des cas un lieu de tensions et de violences ou bien la victime

désarmée des nombreuses formes de violence qui caractérisent la société actuelle.

Le divorce, «véritable plaie de la société contemporaine»

Le Souverain pontife s’en prend aux modèles de comportement marqués par

l’hédonisme et le désir de consommation qui poussent les membres de la famille à rechercher des satisfactions individuelles plutôt qu’une vie sereine et active. Il déplore les conflits fréquents entre les parents, le

refus d’une descendance, l’abandon d’enfants mineurs ou les mauvais traitements qu’on leur inflige. Il qualifie le recours au divorce de «véritable

plaie de la société contemporaine».

Evoquant les conflits sanglants dont les familles sont les premières

victimes, le pape ne peut s’empêcher d’évoquer parmi les nombreuses guerres

qui se déroulent à travers le monde, «le conflit sanglant entre groupes

ethniques qui se prolonge en Bosnie-Herzégovine». Et ces situations où de

plus en plus d’enfants prennent part à des conflits armés, contraints de

s’engager dans des milices armées et au service de causes qu’ils ne comprennent pas toujours. Il qualifie de situation scandaleuse le fait que des

milliers d’enfants qui n’ont d’autre maison que la rue y trouvent parfois

la mort de façon tragique ou finissent dans la drogue ou la prostitution.

t «L’avenir même de la société est en jeu»

«L’avenir même de la société est en jeu», lance Jean Paul II. «Une communauté qui refuse les enfants, qui les marginalise ou qui les plonge dans

des situations sans espoir ne pourra jamais connaître la paix!»

Pour que les conditions de la paix soient durables, poursuit-il, il est

nécessaire qu’existent des institutions qui expriment et qui affermissent

les valeurs de la paix: «l’institution qui correspond de la manière la plus

immédiate à la nature de l’être humain est la famille; elle seule peut assurer la continuité et l’avenir de la société». C’est pourquoi les lois de

l’Etat doivent être conçues de manière à promouvoir de bonnes conditions de

vie pour la famille, en l’aidant à accomplir les tâches qui lui reviennent.

Le pape met alors en garde contre la tendance actuelle toujours plus forte

à légitimer, comme substitut de l’union conjugale, des formes d’union qui,

en raison de leur nature propre ou de leur caractère transitoire voulu, «ne

peuvent en aucune manière exprimer le sens de la famille ni assurer son

bien». (apic/be)

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