L’influence de la bombe atomique d’Hiroshima sur sa vie

Rome: biographie du Père jésuite Pedro Arrupe (121293)

Rome, 12décembre(APIC) La destruction d’Hiroshima au Japon par une bombe

atomique américaine, en août 1945, a été une date déterminante et décisive

dans la vie de Pedro Arrupe, ancien général de la Compagnie de Jésus. C’est

du moins la clé de lecture que propose une récente biographie du Père Arrupe, décédé en 1991, par l’un ses confrères espagnols, le jésuite Pedro Lamet. Cette biographie du 27e successeur de saint Ignace vient d’être traduite en italien dans une collection qui a déjà publié les biographies de

grandes figures de l’Eglise, entre autres celles de Jean XXIII et de Mère

Teresa.

Depuis 1942, le Père Arrupe était maître des novices au Japon à Nagatsuka, tout près d’Hiroshima ainsi que supérieur de son Ordre du district de

Yamaguchi. C’est là qu’il est témoin le 6 août 1945, à 8h.15 du matin, de

l’explosion de la bombe atomique sur Hiroshima. Il donnera de ce moment un

récit intitulé: «J’ai vécu la bombe atomique». «La ville n’était plus: elle

brûlait, telle une nouvelle Pompeï… Ce spectacle, qui dépassait toute

imagination, nous pétrifia». Pas pour longtemps: mettant à profit ses connaissances médicales, le Père Arrupe improvise au noviciat même un hôpital

de fortune où avec l’aide des novices, il accueille et soigne les blessés,

dont bon nombre mourront entre ses bras.

Basque comme saint Ignace de Loyola, Pedro Arrupe est né en novembre

1907 à Bilbao. Ordonné prêtre en Belgique en 1936, il part en 1938 pour le

Japon, réalisant un des rêves de sa vie: être missionnaire. Nommé en 1965

général de la Compagnie de Jésus, il devra interrompre ses activités en

1981, car au retour d’un voyage en Asie, le Père Arrupe est terrassé par

une thrombose cérébrale au pied de l’avion qui vient de le ramener à Rome.

Suit un temps d’épreuve pour les jésuites. Conformément aux Constitutions

de l’Ordre, le Père Arrupe confie le gouvernement de la Compagnie à un vicaire général dans l’attente de la convocation d’une nouvelle assemblée générale. Jean Paul II intervient alors en nommant son délégué personnel à la

tête de la Compagnie, le chargeant de préparer la 33e Congrégation générale

qui a lieu en 1983 et voit l’élection du jésuite hollandais Peter-Hans Kolvenbach. Le Père Arrupe a la joie de donner l’accolade à son successeur.

C’est son dernier geste public avant sa mort en 1991.

Le zèle apostolique du Père Arrupe

Pedro Arrupe reste un personnage controversé, critiqué par certains, admiré d’autres qui mettent en valeur son zèle apostolique, la façon dont il

a mené à bien le renouveau conciliaire dans la Compagnie de Jésus, le rôle

décisif qu’il a joué en s’engageant sur le terrain concret de l’option préférentielle pour les pauvres.

La presse italienne, en signalant la parution de cette biographie du Père Arrupe, ne manque pas de rappeler que ce sont ces controverses qui lui

valurent d’être pratiquement révoqué en 1981, lorsqu’il fut atteint d’une

thrombose cérébrale.

Interrogé à l’occasion de la présentation du livre sur l’introduction

éventuelle d’une cause de canonisation, le Père Giuseppe Pittau, ancien coadjuteur des jésuites, a rappelé que la Compagnie de Jésus ne prend jamais

d’initiative dans ce domaine, mais attend la demande du peuple chrétien,

car «un saint est pour toute l’Eglise, pas seulement pour un Ordre religieux». (apic/sv/pr/ba)

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