Suisse: la réhabilitation de Paul Grüninger relance le débat (011293)
Berne, 1erdécembre(APIC) La réhabilitation politique – mais non juridique
– du chef de la police de St-Gall, Paul Grüninger, condamné en 1939 pour
avoir sauver quelque 3’000 juifs en les laissant entrer illégalement en
Suisse, relance la discussion sur le renvoi des requérants d’asile vers des
pays en conflit. Au moment où une centaine d’Albanais du Kosovo sont toujours protégés par une vingtaine de paroisses bernoises. « Le cas Grüninger
rappelle que le droit de l’Etat ne garantit pas nécessairement la justice »,
estime l’abbé Hansjörg Vogel, doyen de Berne-ville. Du côté du Département
fédéral de justice et police (DFJP) on répond ne voir aucun rapport entre
la décision saint-galloise et la politique du Conseil fédéral envers les
Albanais du Kosovo.
En suivant sa conscience plutôt que les ordres de la police fédérale,
Paul Grüninger avait fait preuve d’un courage civique exemplaire. Ce n’est
que plus de cinquante ans après les faits et vingt ans après sa mort que
son canton reconnaît la valeur de ses actes. La question fondamentale que
s’est posée Paul Grüninger vaut encore aujourd’hui, souligne l’abbé Vogel.
« Que deviennent les gens qui, aujourd’hui, ne sont pas reconnus comme réfugiés de la violence? N’avons-nous rien appris de l’histoire? »
« La décision du gouvernement St-Gallois nous renforce dans l’idée que
nous devons faire plus », poursuit le doyen bernois. Pour lui l’examen de la
situation selon sa conscience prime sur le respect formel du droit.
Au DFJP on affirme ne voir aucune raison de faire un quelconque lien entre l’affaire Grüninger et la politique envers les Albanais du Kosovo. La
situation actuelle de l’Europe ne correspond pas à celle d’il y a cinquante
ans. Comme le retour par la Macédoine est bloqué, on cherche d’autres moyens. Sitôt qu’une voie sera ouverte les Kosovars seront expulsés.
Entretemps une centaine d’Albanais sont protégés dans 18 paroisses catholiques et protestantes du canton. Avec le soutien de la Fédération des
Eglises protestantes de Suisse, de la Conférence des évêques et de la Fédération israélite de Suisse, ainsi que de nombreuses organisations confessionnelles et politiques. Arnold Koller, chef du DFJP, considère que l’asile dans les églises ne correspond pas à notre Etat de droit. (apic/gs/mp)
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