La Chine accusée de violations des droits humains contre les Ouïghours

L’ONU a publié le 1er septembre 2022 un rapport très attendu accusant le gouvernement chinois de «graves violations des droits humains» à l’encontre des Ouïghours. Selon Pékin, cette minorité musulmane de l’ouest du pays représente un risque terroriste et séparatiste.

Torture, viols, stérilisations forcées… les exactions imputées aux forces de coercition chinoises contre les populations ouïghoures se font de plus en plus précises depuis plusieurs années. Le rapport des Nations unies a encore renforcé ces soupçons en affirmant que «l’ampleur de la détention arbitraire et discriminatoire de membres de la communauté ouïghoure et d’autres groupes à prédominance musulmane […] peut constituer un crime international, en particulier un crime contre l’humanité». Les enquêteurs ont déclaré avoir trouvé des «preuves crédibles» de torture pouvant s’apparenter à des «crimes contre l’humanité».

Des «camps de rééducation»

Depuis des années, les groupes de défense des droits de l’homme alarment la communauté internationale sur ce qui se passe dans la province du Xinjiang, note la BBC. Ils affirment que plus d’un million de Ouïghours sont détenus contre leur gré dans un vaste réseau de ce que l’État appelle des «camps de rééducation». Le média britannique affirme avoir réalisé une série de reportages ayant permis de découvrir des documents – notamment des dossiers de police sur les personnes détenues – paraissant confirmer les allégations du rapport de l’ONU.

De son côté, la Chine avait exhorté les Nations unies à ne pas publier le document, Pékin le qualifiant de «farce» montée par les puissances occidentales. La République populaire a toujours affirmé que les militants ouïghours menaient une campagne violente en faveur d’un État indépendant. Elle est cependant accusée d’exagérer la menace afin de justifier la répression des Ouïghours.

Destruction de la culture

Les États-Unis et les législateurs de plusieurs autres pays ont précédemment dénoncé les actions de la Chine au Xinjiang comme un génocide, mais l’ONU n’a pas porté cette accusation. Les défenseurs des droits des Ouïghours appellent à présent à la création d’une commission d’enquête et demandent aux entreprises du monde entier de rompre tout lien avec quiconque encourage le gouvernement chinois dans sa gestion des Ouïghours.

Environ 12 millions de Ouïghours, majoritairement musulmans, vivent au Xinjiang. La région a été incluse dans l’Empire mandchou à la fin du 19e siècle, puis dans la République populaire de Chine en 1949. La résistance populaire ouïghoure d’aujourd’hui remonte à la fin des années 1980. Entre 2008 et 2014, plusieurs attentats sont attribués par les autorités chinoises à des mouvements islamistes ouïghours. Suite à cela, la répression de Pékin se durcit contre la population. Le régime communiste est accusé de tenter par divers moyens de détruire la culture et la mémoire de ce groupe ethnique. (cath.ch/bbc/arch/rz)

Raphaël Zbinden

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