Missions linguistiques dans le canton de Vaud: travailler en réseau

«Nous voulons davantage travailler en réseaux et moins en silos», image Michel Racloz pour parler des changements d’organisation décidés pour les missions catholiques espagnoles dans le canton de Vaud. «Nous voulons montrer notre unique foi en Jésus-Christ qui s’exprime dans une diversité de langues et de cultures.»

La réorganisation, par décret de Mgr Charles Morerod, des missions linguistiques espagnoles dans le canton de Vaud a pris effet au 1er septembre 2022. cath.ch fait le point avec Michel Racloz, représentant de l’évêque pour la région diocésaine, sur les objectifs et les enjeux de ces changements.

En 2019 le diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg a réuni ses agents pastoraux sur le thème «Église sans frontières». Dans le même temps Migratio, l’organe de la Conférence des évêques suisses, a également mené une réflexion sur ce thème. En 2021, Mgr Charles Morerod a publié des directives pour l’apostolat linguistique, rappelle Michel Racloz. La décision de dissoudre la mission linguistique espagnole cantonale vaudoise s’inscrit dans cette démarche. Elle répond aussi aux appels du pape François dans l’encyclique Fratelli tutti.

Une grande partie des catholiques issus de l’immigration

Depuis des décennies, une grande partie des catholiques du canton de Vaud est issue de l’immigration, cela vaut pour les fidèles, mais aussi pour les agents pastoraux et les prêtres. «Aujourd’hui nous cherchons à marcher ensemble et à favoriser l’aspect interculturel. Nous devons donc adapter notre organisation», souligne Michel Racloz.

Pour le représentant de l’évêque, il faut néanmoins rester attentif à la possibilité de vivre et d’exprimer sa foi dans sa langue maternelle ou sa langue de cœur. Mais il s’agit de mieux intégrer mutuellement la pastorale générale et les pastorales linguistiques.

La question reste assez complexe car elle concerne divers aspects: canonique, administratif, civil, personnel, pratique… «Je fais confiance aux communautés locales pour discerner ce qui leur convient. Par exemple pour instaurer des messes ‘interculturelles’ ou pour développer des activités communes. En vue des JMJ de Lisbonne en 2023, il serait bon que tous les jeunes participent ensemble et non pas d’avoir un groupe de Suisses, un de Portugais et un d’Italiens.

Cette meilleure intégration passe aussi par des choses matérielles comme les horaires de messes, la gestion des salles paroissiales, l’organisation de la catéchèse.

Exprimer sa foi dans sa langue et sa culture

Du côté des missions linguistiques, Michel Racloz relève qu’elles entrent volontiers dans la démarche, mais qu’elles ont besoin d’être rassurées sur la possibilité de continuer à exprimer leur foi dans leur langue. «Il y a beaucoup de bénévolat. C’est une richesse que nous devons préserver. En outre, nombre de personnes peuvent être des passeurs entre les communautés. On peut aussi souhaiter et favoriser une meilleure participation aux diverses instances pastorales aux divers niveaux.»

La communauté lusophone reverra aussi son organisation dans le même sens en 2023.

Le vivre-ensemble un enjeu de société

Michel Racloz voit aussi dans cette démarche un enjeu plus large au plan social: «Si les catholiques, de langues et de cultures différentes expriment leur unité, ils favorisent aussi le ›vivre ensemble’ de la société. C’est important que l’Eglise le fasse. (cath.ch/mp)

Maurice Page

Portail catholique suisse

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