Le pape François rend hommage à la reine Elizabeth II

Le pape rend hommage au «dévouement» et au «témoignage inébranlable de foi en Jésus-Christ» de la reine d’Angleterre Elizabeth II, dont le décès à l’âge de 96 ans au château de Balmoral, en Écosse, a été annoncé en début de soirée le 8 septembre 2022. Devenue reine le 6 février 1952, elle a régné durant plus de 70 ans et a rencontré cinq papes.

Dans un télégramme adressé «À Sa Majesté le Roi Charles III», et publié peu après 21h15 le 8 septembre 2022, le pape François se déclare «profondément attristé d’apprendre le décès de Sa Majesté la Reine Elizabeth II». «J’offre mes sincères condoléances à Votre Majesté, aux membres de la famille royale, au peuple du Royaume-Uni et du Commonwealth», ajoute le pape dans ce message publié dans un délai exceptionnellement rapide au regard des usages habituels au Vatican.

En s’associant «à tous ceux qui pleurent sa disparition», il assure prier «pour le repos éternel de la Reine» et il rend hommage à «sa vie de service infatigable pour le bien de la Nation et du Commonwealth». Il salue aussi «son exemple de dévouement au devoir, son témoignage inébranlable de foi en Jésus-Christ et sa ferme espérance en ses promesses».

Le pape François confie «sa noble âme à la bonté miséricordieuse de notre Père céleste». Le pape adresse aussi ses prières au nouveau roi Charles III, dont le règne débute immédiatement, après avoir été prince héritier durant plus de sept décennies. «J’assure Votre Majesté de mes prières pour que le Dieu Tout-Puissant vous soutienne de sa grâce indéfectible alors que vous assumez maintenant vos hautes responsabilités en tant que Roi», écrit le pape.

«Sur vous et sur tous ceux qui chérissent la mémoire de votre défunte mère, j’invoque une abondance de bénédictions divines comme gage de réconfort et de force dans le Seigneur», conclut le pape François, qui avait reçu la reine d’Angleterre lors d’une audience privée au Vatican le 3 avril 2014.

De Pie XII à François, la reine avait connu cinq papes

La reine qui a régné sous sept pontificats, avait personnellement rencontré cinq papes. Dès 1951, alors princesse héritière, elle rencontre le pape Pie XII au Vatican. Elle reviendra en tant que reine dix ans plus tard: le 5 mai 1961, la jeune monarque est solennellement reçue avec le prince Philip par Jean XXIII, l’orchestre de la Garde suisse entonnant le God save the Queen

En 1980, la reine revient au Vatican pour y rencontrer Jean-Paul II, en préparation du déplacement du pape polonais au Royaume-Uni. En tant que chef de l’Église anglicane, elle assure alors soutenir «l’unité croissante entre les Églises chrétiennes dans le monde entier» et dit espérer que la visite du pape «nous permette à tous de voir plus clairement, sous un jour nouveau et constructif, ces vérités qui nous unissent et nous divisent».

Visite historique de Jean Paul II au Royaume-Uni

En 1982, en pleine Guerre des Malouines qui oppose l’Argentine au Royaume-Uni, le pape Jean-Paul II effectue la visite historique prévue au Royaume-Uni durant laquelle il est reçu par la reine d’Angleterre au château de Buckingham. Il reverra la reine une troisième et dernière fois en l’an 2000, au Vatican.

Benoît XVI, pour sa part, a rencontré la reine en septembre 2010 à Édimbourg, en Ecosse, dans le cadre de sa tournée au Royaume-Uni pour la béatification du cardinal John Henry Newman. De nombreux observateurs avaient alors remarqué la complicité entre les deux chefs d’État, nés respectivement en 1927 et 1926, et marqués par les blessures de la Seconde guerre mondiale.

La reine n’a pas rencontré Paul VI, pourtant grand artisan du rapprochement œcuménique avec l’anglicanisme, ni Jean Paul Ier, dont le pontificat fut trop bref. Mais sa rencontre avec le pape François fut particulièrement chaleureuse, et observée avec une certaine curiosité par la presse britannique compte tenu du contentieux territorial qui persiste entre le Royaume-Uni et le pays d’origine du pontife, l’Argentine, au sujet de l’archipel des Malouines, appelées «Falklands» par les Britanniques.

La proximité de la reine avec les catholiques

Dirigeante symbolique de l’Église anglicane, la reine entretenait de bonnes relations avec l’épiscopat catholique, et avait notamment développé une amitié personnelle avec le cardinal Cormac Murphy O’Connor, archevêque de Westminster de 2000 à 2009, qui fut même invité à assurer des prédications à la chapelle royale. À la surprise générale des convives, elle était venue en personne à l’archevêché pour participer au dîner d’adieu du cardinal lors de son départ en retraite. (cath.ch/imedia/cv/bh)

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